Viva Tech : un futur CES à la française ?

Organisé pour la deuxième année consécutive, le grand rendez-vous des start-up organisé par Publicis et les Echos est un bouillon de culture. Entre deux robots dotés d’intelligence artificielle, la fameuse Sea Bubble qui va sur l’eau et la visite en réalité augmentée du château de Chambord, on y parle aussi de voiture connectée et autonome. C’était un peu Las Vegas à l’ouverture du salon. Viva Tech a en effet accueilli la visite du Président de la République, Emmanuel Macron, qui a été accueilli avec la ferveur d’une Rock Star. Technophile, et en territoire conquis, le chef de l’Etat a arpenté les stands avant de faire un « keynote ». Dès le début de son discours, il a appelé Viva Technology à devenir « le CES à la française ». Le Président a célébré la France, nation de start-up, et qui peut devenir une société de l’hyper innovation. Pour accompagner les jeunes pousses, un fonds de soutien à l’innovation et géré par la BPI a été mis en place avec un budget de 10 milliards d’euros. Le Président a par ailleurs annoncé l’ouverture du fameux Visa permettant à des créateurs d’entreprises technologiques de venir s’installer en France. Ce discours optimiste a été salué par un autre Président, celui de Valeo. Jacques Aschenbroich est devenu un pilier de ce salon, car l’équipementier était déjà présent lors de la première édition. Et cette année, Valeo n’accueille pas moins de 32 start-up sur son stand. On trouve un peu de tout, dont des lunettes connectées et capables de détecter si un conducteur s’endort grâce à une mesure par infrarouge. Elles ont été développées par un ancien de chez Atoll. Autre trouvaille : Car Pay Diem, un système développé au Luxembourg qui permet de payer en ligne le carburant à la pompe sans descendre de la voiture et qui peut s’intégrer dans une application. De la montre connectée à la gestion de flottes, en passant par les plateformes de mise en relation en ligne entre conducteurs et réparateurs, tout un écosystème était représenté. Dans le domaine des start-up, il faut aussi compter avec Xee, qui dispose de son propre stand. Après avoir levé plus de 12 M d'? auprès de Bridgestone, Total Energy Ventures et Cofip, la PME soutenue depuis le départ par le groupe Mobivia, connaît une forte croissance, soutenue par des partenariats stratégiques établis avec des acteurs majeurs de l'après-vente (Midas, Norauto), ainsi que dans les secteurs de la banque et de l'assurance (Axa). Les solutions de Xee permettent à n’importe quelle voiture, quel que soit le modèle ou la marque, de devenir un véhicule connecté. Sur Viva Tech, un accord a été conclu avec HERE. En intégrant les services de localisation du cartographe à sa plateforme XeeCLOUD, la PME lilloise peut désormais fournir un vaste éventail de services aux conducteurs et aux gestionnaires de flottes. La 5G est aussi à l’ordre du jour. Sur le stand d’Ericsson, on peut voir une vidéo étonnante. Aux Etats-Unis, avec l’aide de l’opérateur Verizon, un pilote a pris le volant d’une Chevrolet Camaro dont les vitres avaient été recouvertes d’un film noir. Il ne pouvait se fier qu’aux images d’une caméra, filmant la route, et dont les images étaient transmises par le réseau mobile à des lunettes connectées. En raison de l’absence de latence, le pilote était en mesure de conduire sur circuit comme s’il voyait à travers le pare-brise.Pour sa part, Valeo franchit une étape de plus dans le domaine du véhicule autonome. L’équipementier français a conclu un accord avec Cisco. En équipant les parkings d’une liaison Wi-Fi, ainsi que de capteurs vidéo et d’un système d’intelligence artificielle, il devient possible de guider une voiture autonome dans les méandres d’un sous-sol. L’intérêt ? Cela permet au conducteur de descendre de son véhicule, à l’entrée du parking, et de laisser la technologie faire le reste. Grâce au système Park4U, le véhicule (une BMW I3) peut ainsi chercher une place et se garer toute seule. Quand il en a besoin, le conducteur peut alors activer la clé électronique (InBlue) contenue dans son smartphone pour « réveiller » le véhicule et le faire remonter tout jusqu’à l’entrée du parking. Le service a pour nom Cyber Valet Services. Il est appliqué à titre expérimental au parking Camille Desmoulins à Issy-les-Moulineaux, opéré par Indigo.Par ailleurs, toujours chez Valeo, les visiteurs peuvent aussi expérimenter la conduite autonome sur le périphérique parisien. Avec un casque de réalité virtuelle, ils peuvent s’installer à bord de la Golf autonome de l’équipementier et prendre place sur le siège du conducteur. Ils ont juste à profiter du spectacle d’un véhicule qui tient compte du trafic et peut changer de file sans que personne ne touche le volant. Et en extérieur, les visiteurs peuvent aussi tester la navette autonome de Navya (dont Valeo est actionnaire et partenaire technique). Ce dernier véhicule suscite beaucoup d’intérêt aux Etats-Unis. A défaut de pouvoir se comparer au CES, le salon Viva Tech peut déjà se targuer d’attirer des acteurs reconnus de l’automobile.Laurent Meillaud{ pour le CCFA}

Olivier