Vers une hausse des fusions et acquisitions dans le monde ?

D’après une étude réalisée par le cabinet Ernst and Young, une majorité de dirigeants d'entreprise dans le monde mise sur une hausse des opérations de fusions et acquisitions, sur fond d'amélioration de l'économie mondiale. Cette étude semestrielle a été menée en septembre dans 50 pays auprès de 1 600 présidents, directeurs financiers et autres responsables de sociétés. 70 % de ces dirigeants ont déclaré s'attendre à une augmentation des fusions et acquisitions en volume et valeur au cours des 12 prochains mois, et 35 % des entreprises interrogées ont affirmé vouloir poursuivre les acquisitions, contre 25 % il y a un an.

« Les entreprises ont traversé une période prolongée d'incertitudes durant laquelle elles ont renforcé leurs bilans et optimisé leurs structures en capital », souligne Guillaume Cornu, associé chez Ernst and Young. En conséquence, les entreprises sont désormais en meilleure position pour se lancer dans des opérations de fusions et acquisitions. « Mis à part tout nouveau choc économique ou géopolitique significatif, nous devrions assister à un retour du marché mondial des fusions et acquisitions, qui est resté stable ces derniers années », estime M. Cornu.

D’après l'étude, la proportion des dirigeants souhaitant réaliser des transactions de grande ampleur (d’un montant compris entre 501 millions et 1 milliard de dollars) a plus que doublé en six mois, à 19 %. Les entreprises sont désormais enclines à financer davantage les transactions par la dette ou l'émission d'actions, plutôt que par les liquidités disponibles, indique le document, ce qui pourrait contribuer à la réalisation de transactions plus importantes en termes de taille. Ces futurs projets se concentreront surtout autour de la Chine, l'Inde, le Brésil, les Etats-Unis et le Canada. L'étude relève toutefois que les marchés dits matures comme l'Amérique du Nord et l'Europe redeviennent attractifs. Les dirigeants sont ainsi 58 % à déclarer vouloir réaliser des opérations sur les marchés développés. Les secteurs les plus en vue sont l’automobile, les sciences de la vie, le pétrole et le gaz, les produits de consommation et le high-tech.

Plus généralement, si les dirigeants interrogés se montrent plus optimistes concernant les fusions et acquisitions, c'est qu'ils ont repris espoir quant à l'évolution de l'économie mondiale. 65 % d'entre eux s'attendent en effet à ce qu'elle s'améliore, contre seulement 22 % il y a un an.

Alexandra Frutos