Vers une coalition entre CDU-CSU et SPD : quelles conséquences pour l'industrie allemande ?

Lors des élections législatives fédérales qui se sont déroulées le 22 septembre en Allemagne, le parti de la Chancelière Angela Merkel, la CDU-CSU (union chrétienne démocrate - union chrétienne sociale) a obtenu 42 % des voix, soit 311 sièges sur les 630 que compte le Bundestag.

Bien qu’étant majoritaire, la CDU-CSU n’a donc pas de majorité absolue, d’où la nécessité d’une coalition. Son partenaire le plus probable est le SPD (parti social démocrate), qui a pour sa part obtenu 192 sièges. Celui-ci a ainsi débuté les négociations avec le parti de Mme Merkel, afin de déterminer la ligne politique directrice du prochain mandat de la Chancelière.
CDU-CSU et SPD sont désormais entrés dans le vif du débat, en discutant de questions épineuses qui risquent d’influencer l’industrie allemande.

Parmi ces sujets controversés, les partis CDU-CSU et SPD discutent de la mise en place d’un péage pour les voitures particulières (seuls les poids lourds sont concernés par cette taxe en Allemagne). Les constructeurs s’y opposent, à l’instar de Dieter Zetsche, président de Daimler, et de Martin Winterkorn, président de Volkswagen, qui craignent qu’une taxe supplémentaire ciblant les automobilistes risquerait de porter atteinte aux ventes de voitures.

Également au c’ur des négociations, la question du salaire minimum est âprement discutée. En effet, le SPD veut mettre en place un salaire minimum fixé à 8,50 ?/heure pour tous, tandis que le parti CDU-CSU prône un salaire minimum négocié par secteur et qui serait mis en place progressivement dans les Länder d’ex-Allemagne de l’Est, où les salaires sont plus bas.

Les constructeurs (à l’exception notable d’Opel), qui disposent de plusieurs usines dans ces Länder (notamment à Leipzig, dans le cas de Porsche et BMW), s’opposent farouchement à une telle mesure et menacent de délocaliser leur production si « les conditions de production en Allemagne deviennent trop compliquées ».

La CDU-CSU et le SPD discutent également de la possibilité de légiférer sur le travail par intérim. Les constructeurs sont globalement opposés à une loi limitant le recours à des salariés intérimaires, craignant de devenir moins compétitifs dans le domaine de la production automobile en Europe.

Il y a tout de même un sujet sur lequel les deux partis amenés à créer la future coalition sont en accord. En effet, CDU-CSu et SPD veulent rédiger d’ici à 2016 une proposition de loi fixant un quota minimum de femmes au sein des conseils de surveillance et comités de direction des entreprises. Cela aura pour conséquence de forcer les constructeurs d’automobiles allemands à réorganiser leurs organes dirigeants, majoritairement masculins.

La fin des discussions à propos de la formation de la coalition est prévue le 26 novembre. L’accord rédigé entre CDU-CSU et SPD sera alors soumis au vote des quelque 500 000 adhérents du SPD, qui pourront potentiellement bloquer la création de la coalition, paralysant ainsi le gouvernement. En revanche, si le texte est accepté par les adhérents, le nouveau gouvernement fédéral, composé des élus des partis CDU-CSU et SPD commencera à gouverner dès Noël.

Cindy Lavrut