Vers plus de réciprocité entre l'Allemagne et la Chine

La Chancelière allemande Angela Merkel s’est rendue en Chine pour une visite officielle entre le 7 et le 10 juillet. Il s’agit de la septième visite de Mme Merkel dans le pays depuis 2005. Cette visite était principalement axée sur l’économie et l’industrie. Ainsi, la Chancelière était accompagnée de nombreux entrepreneurs (notamment des représentants de la Deutsche Bank, d’Airbus, de Volkswagen, de Siemens ou encore de ThyssenKrupp). Mme Merkel a profité de cette visite pour défendre les intérêts économiques de l’industrie allemande, afin de faire de la relation sino-germanique « une situation de gagnant-gagnant ».La Chine est un important marché à l’exportation pour l’Allemagne. En effet, le volume d’échanges commerciaux entre ces deux pays s’est établi à 140,7 milliards d’euros en 2013 (dont environ 67 milliards d’euros en exportations et 73 milliards d’euros en importations). Ce volume d’échanges commerciaux a fait de la Chine le troisième partenaire économique de l’Allemagne, derrière la France (164,3 milliards d’euros d’échanges commerciaux) et les Pays-Bas (160,2 milliards d’euros).De plus, sur les 4 premiers mois de 2014, les exportations allemandes vers la Chine ont augmenté de 8 %, à 21,6 milliards d’euros.L’un des principaux thèmes abordés par la Chancelière lors de sa visite a été l’espionnage industriel. En effet, selon la VDMA (fédération allemande de la mécanique), 75 % des contrefaçons industrielles proviendraient de Chine. En outre, Mme Merkel a appelé à une plus grande réciprocité en matière d’investissements. En effet, à fin 2012, les investissements chinois en Allemagne se sont établis à 2,4 milliards d’euros, tandis que les investissements allemands en Chine se sont pour leur part élevés à 44,8 milliards d’euros.La dirigeante veut rééquilibrer ces chiffres, notamment en permettant que les entreprises européennes puissent acquérir la totalité du capital de leurs coentreprises chinoises.Elle souhaite également qu’Allemagne et Chine puissent faire jeu égal en termes d’investissements, et pour cela, « un paramètre important est que ce soit des entreprises privées et non l’Etat chinois qui investissent en Allemagne ». Les véhicules à énergies alternatives et l’industrie automobile en général ont été un autre thème important lors de la visite de Mme Merkel en Chine. A l’occasion de ce déplacement officiel, les deux pays ont fait savoir qu’ils allaient collaborer dans le domaine des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables (avec l’établissement de normes communes, des partages de compétences, etc.).Enfin, à l’occasion de la visite officielle de la Chancelière, les constructeurs Volkswagen et FAW ont annoncé la construction de deux usines à Qingdao et Tianjin. Ils ont également indiqué qu’ils allaient investir un total de 18,2 milliards d’euros d’ici à 2018 afin de proposer des solutions de mobilité durable en Chine.

Cindy Lavrut