Vers l'ouverture du marché cubain aux importations de voitures américaines ?

Le réchauffement annoncé en décembre dernier des relations entre les Etats-Unis et Cuba pourrait profiter aux constructeurs américains qui n’ont pas pu vendre de voitures neuves sur l’île depuis un demi-siècle. Mais le chemin s’annonce long et compliqué.Les Cubains continuent de conduire des dizaines de milliers de grosses berlines Cadillac, Chevrolet, Ford et d’autres marques américaines des années 1950, en grande partie parce que le gouvernement cubain a interdit l’importation de la quasi-totalité des voitures étrangères pendant la majeure partie des cinquante dernières années. Reuters estimait à la mi-2014 que quelque 650 000 voitures circulaient sur les routes cubaines. Une partie de ces voitures sont de vieilles berlines américaines d’avant 1959, mais l’essentiel du parc est composé de voitures russes, chinoises et coréennes qui reflètent les relations politiques de Cuba au fil des décennies. La moitié environ des voitures de l’île sont la propriété du gouvernement. Le président américain Barack Obama et le président cubain Raoul Castro ont annoncé le 17 décembre que les deux pays allaient amorcer une normalisation de leurs relations diplomatiques. Lors du discours sur l’état de l’Union qu’il a prononcé le 21 janvier, M. Obama a invité le Congrès américain à lever l’embargo économique imposé à Cuba.Les analystes s’accordent sur le fait que Cuba, qui est la plus grosse île des Caraïbes, « est une oasis de croissance pour l’industrie automobile », mais ils soulignent que les constructeurs y seront confrontés à un gros problème d’infrastructures et de logistique. Même si les sanctions économiques étaient levées rapidement, le marché automobile cubain restera en outre limité, la plupart des 11 millions de Cubains ne pouvant pas s’offrir des voitures américaines neuves ou d’occasion. Des incertitudes concernent également les lourdeurs bureaucratiques et l’attitude des autorités politiques cubaines. Le gouvernement cubain a commencé à assouplir les réglementations régissant la vente et l'achat de véhicules d'occasion et neufs il y a seulement trois ans.Dans ce contexte, les constructeurs et les concessionnaires aux Etats-Unis suivent de très près l’évolution de la situation, mais nul ne s’attend à un changement radical dans le marché automobile à Cuba dans l’immédiat.

Frédérique Payneau