Valeo récolte les fruits d’une stratégie d’investissement audacieuse

Dans un entretien accordé aux ECHOS (2/4/13), le président de Valeo Jacques Aschenbroich explique que l’équipementier récolte les fruits d’une stratégie d’investissement hors d’Europe audacieuse mise en ?uvre en plein c’ur de la crise en 2009. « L’Europe ne pèse désormais plus que 50 % de notre chiffre d’affaires, contre près de 70 % il y a quelques années. L’Asie représente déjà 27 % de nos revenus, contre 12 % il y a cinq ans », se félicite-t-il. « La Chine devrait être notre premier pays en termes de chiffre d’affaires en 2016 », ajoute-t-il, soulignant toutefois que « la France sera toujours le berceau de Valeo ».

« Pour un groupe comme Valeo, l’augmentation des charges [en France] en 2012 pèse plus lourd que le gain produit par le crédit d’impôt. Au final, il y a un alourdissement des charges. Le dispositif est axé sur les bas salaires, mais chez Valeo les salaires se situent en moyenne au-dessus, ce qui minore son intérêt ; Au final, la France représente 20 % de nos effectifs et 24 % de notre chiffre d’affaires, dont la moitié générée à l’exportation. Mais dans le même temps, notre pays pèse un tiers des salaires et la moitié des charges sociales versées par Valeo dans le monde », explique par ailleurs M. Aschenbroich.

« Aujourd’hui, [PSA et Renault] pèsent à eux deux 16 % de notre chiffre d’affaires, bien moins que par le passé, mais c’est à l’image de notre internationalisation. Nous avons désormais la même intimité avec nos clients asiatiques, allemands. Nous ne devons pas être dépendants d’un seul client. Mon obsession est de trouver un bon équilibre en termes de portefeuilles de clients et de couverture géographique ou de métier. En 2012, notre premier client, allemand, pesait moins de 20 % de notre chiffre d’affaires », souligne enfin le patron de Valeo.

Alexandra Frutos