Valeo élu « Industriel de l’année » 2014

L’USINE NOUVELLE (6/11/14) a élu Valeo « Industriel de l’année » 2014. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire, le directeur général de l’équipementier Jacques Aschenbroich explique que ce prix est le résultat du travail accompli. « Nous avons revu en profondeur notre organisation, qui était restée inchangée depuis vingt ans. En pleine crise, en 2009, nous avons fait un double pari : augmenter nos frais de R&D et accélérer nos investissements en Asie, notamment en Chine. Cela s’est avéré gagnant », se félicite-t-il.

« Une nouvelle commande enregistrée aujourd’hui crée de la croissance deux ans plus tard (le temps de développer le produit), puis génère du chiffre d’affaires sur cinq ans, c’est-à-dire le temps de vie d’une plateforme. C’est pourquoi nous continuons à innover fortement. Valeo aura dépensé 1,1 milliard d’euros en R&D cette année, deux fois plus qu’en 2009. Et nous dépenserons encore plus l’année prochaine », explique M. Aschenbroich.

Interrogé sur l’activité du secteur automobile en Europe, le dirigeant estime que, si « nous avons touché le fond au milieu de l’année 2013 », « la situation économique ne permettra pas de revenir rapidement au niveau d’avant-crise ». « L’Europe connaîtra vraisemblablement une croissance de 1 % à 2 % dans les années qui viennent, en ligne avec l’évolution du PIB européen. On retrouvera ce niveau, car les immatriculations continueront de progresser, mais pas tout de suite », estime-t-il.

M. Aschenbroich explique par ailleurs que « la France n’est pas en concurrence avec l’Inde en termes de coûts de main-d’?uvre, mais avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne ». « Notre pays, qui était le deuxième producteur d’automobiles en Europe, est aujourd’hui quatrième derrière l’Allemagne, l’Espagne et la Grande-Bretagne. Il n’y a pas de fatalité dans la baisse de la production d’automobiles en France. Il faut que la rentabilité soit là. Mais elle ne peut être là que si les charges sociales et le coût qui pèsent sur le travail sont réduits », ajoute-t-il.

Enfin, le directeur général de Valeo indique que, « dans dix ans, la voiture ne consommera plus qu’un litre aux 100 et [qu’]elle sera hybride. « L’électrique montera lentement. Progressivement, le véhicule va devenir de plus en plus autonome, ce qui fait de l’interface homme-machine un sujet fondamental. Etonnamment, ce n’est pas forcément la voiture connectée qui soucie le plus les jeunes. Parmi les 1 000 projets reçus pour notre Valeo Innovation Challenge, nous avons été étonnés que seulement 2 % d’entre eux portent sur la connectivité et les applications liées au véhicule. Et deux grands thèmes qui sont ressortis sont la consommation et la conduite intuitive, soit ceux sur lesquels nous investissons 100 % de notre effort de R&D. Ces deux domaines sont pour nous les plus fructueux », souligne-t-il.

Alexandra Frutos