Une nouvelle vague de rationalisation de la production en Europe serait inévitable (2/2)

La crise économique de 2010-2013 a mis en lumière un grave problème de l'industrie automobile européenne, ses importantes surcapacités, qui ont entraîné la fermeture de nombreuses usines d'assemblage et le transfert d'activités vers les pays émergents offrant des coûts de production moindres. Ce scénario serait loin d'être achevé en dépit de la légère reprise observée depuis deux ans. La tendance devrait en effet s'accentuer au cours des dix prochaines années de manière significative, indique KPMG.

Les 200 dirigeants interrogés par KPMG dans le cadre de la seizième édition de son étude internationale sur les principales tendances du secteur automobile au cours des prochaines années ont fait savoir, à 67 %, que la croissance organique serait au c’ur de leur stratégie d'ici à 2025 pour garantir le succès de leurs entreprises, l'extension de la chaîne de valeur et la diversification étant citées, elles, à 54 %, la coopération avec des acteurs de secteurs d'activité connexes à 49 %, la création de sociétés conjointes et d'alliances stratégiques à 45 %, l'externalisation des activités secondaires à 30 %, et les fusions-acquisitions à 23 %.

Sur l'échiquier de l'industrie automobile mondiale, les grands groupes présents sur plusieurs continents seront en mesure de poursuivre leur croissance seuls, tandis que les marques à couverture géographique limitée devront vraisemblablement recourir à des alliances ou fusions. Parmi elles pourraient figurer Geely, Isuzu, Subaru ou Mazda.

KPMG indique par ailleurs que, en 2014, quelque 87 millions de véhicules légers ont été commercialisés dans le monde, en hausse de 3,6 % par rapport à 2013. Pour 2015, ses prévisions portent sur 90 millions d'unités (+ 3,4 %). Le seuil des 100 millions d'unités devrait être franchi en 2017, et on devrait atteindre les 111 millions d'unités à la fin de la décennie. Le classement mondial des constructeurs par ventes sera profondément remanié au cours des prochaines années. Toyota, notamment, conservera la tête de ce classement en 2015, mais sera supplanté par Volkswagen dès 2016, position que ce dernier maintiendra jusqu'en 2020.

Juliette Rodrigues