Une nouvelle vague de rationalisation de la production en Europe serait inévitable (1/2)

Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), a déclaré être en discussions avec d’autres constructeurs en vue du partage des coûts de développement de nouveaux modèles et de technologies, notamment dans le domaine de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. M. Marchionne a toutefois refusé de confirmer l’existence de pourparlers portant sur une fusion avec un nouveau groupe, mais il a expliqué qu’à ses yeux, "la faiblesse actuelle des valorisations boursières dans le secteur signifiait que les constructeurs gaspillaient leurs capitaux en développant chacun leur propre version de technologies largement répandues".

L’annonce de FCA concernant sa décision de scinder sa filiale Ferrari a par ailleurs alimenté les spéculations sur une possible alliance, notamment dans le but de renforcer le groupe en Asie. "Il y a de la place pour de grandes alliances dans l’industrie automobile mondiale, encore trop fractionnée", a-t-il indiqué. "Les constructeurs ont besoin de partager les coûts de développement et de réduire les surcapacités", a ajouté M. Marchionne, qui verrait bien une nouvelle alliance donnant naissance à un concurrent du numéro un mondial.

Depuis de nombreuses années, le patron de Fiat déclare à qui veut l'entendre que le problème des surcapacités en Europe doit être résolu, faute de quoi, la compétitivité de l'industrie automobile européenne à moyen terme est compromise. Une récente étude du cabinet KPMG ("KPMG Global Automotive Executive Survey 2015"), réalisée auprès de 200 dirigeants de constructeurs, d’équipementiers et de groupes de distribution, vient conforter la position de M. Marchionne.

Selon cette étude, 56 % des dirigeants interrogés estiment que les principales tendances du secteur dans les prochaines années seront le développement de leur présence sur les marchés émergents (56 %), le downsizing et l'optimisation des moteurs thermiques (49 %), l'utilisation croissante de plateformes et de modules standardisés (48 %), et la rationalisation de la production en Europe accompagnée du déplacement de la production vers les pays en croissance (36 %).

Juliette Rodrigues