Un retrait des Etats-Unis de l'Aléna et des taxes sur les importations pénaliseraient l'industrie automobile américaine

Un retrait des Etats-Unis de l’Aléna (accord de libre-échange nord-américain) et une possible taxe aux frontières pourraient entraîner jusqu’à 50 000 pertes d’emplois dans l’industrie automobile américaine et une hausse de 1 100 dollars en moyenne du prix des voitures neuves aux Etats-Unis, selon une étude commandée au Boston Consulting Group par la Motor Equipment Manufacturers Association (Mema), le lobby des équipementiers automobiles.« Des politiques fiscales et commerciales qui forcent les entreprises à relocaliser les emplois ne marchent pas », a déclaré Steve Handschuh, le président de la Mema, lors d'une conférence de presse. « La vitalité de l'industrie automobile dépend d'une chaîne d'approvisionnement globale et intégrée », avec des usines aussi bien au Canada, aux Etats-Unis qu'au Mexique, a renchéri Xavier Mosquet, qui a supervisé l'étude.Selon cette étude, des taxes sur les importations de l'ordre de 20 % à 35 % augmenteraient les coûts de l'industrie automobile américaine de 16 à 27 milliards de dollars. Une taxe de 20 % sur les importations en provenance du Mexique se traduirait par exemple par une hausse de 650 dollars en moyenne du coût de fabrication d'un véhicule. La facture pourrait monter jusqu'à 1 100 dollars pour les groupes très dépendants des importations.Le coût social serait important, avec 25 000 à 50 000 suppressions d'emplois envisagées, principalement chez les fournisseurs de pièces aux technologies les plus avancées et donc les plus chères auxquelles les constructeurs renonceraient pour limiter leurs coûts de production. En outre, la plupart des groupes automobiles ne construiraient pas de nouvelles usines aux Etats-Unis, indique M. Mosquet. (AFP 19/7/17)

Frédérique Payneau