Un point sur les services de mobilité

Les services de mobilité sont appelés à devenir de plus en plus importants dans l’activité des constructeurs, à mesure que les mentalités des consommateurs évoluent. En effet, ceux-ci deviennent plutôt des utilisateurs de services de mobilité que des automobilistes, comme le montre le développement de l’autopartage.Ainsi, en septembre 2014, Daimler a acquis le service de mobilité RideScout, une application lancée en novembre 2013 et proposant des itinéraires combinant taxi, vélo, autopartage, bus et train. RideScout est donc un service comparable à l’application Moovel, développée par Daimler. RideScout est disponible dans 69 villes aux Etats-Unis et au Canada, tandis que Moovel est disponible à Stuttgart, Berlin, Nuremberg, Munich, et dans la région du Rhin et de la Ruhr.Cette acquisition reflète la volonté de Daimler de devenir un acteur déterminant dans le domaine de la mobilité, en proposant une diversité de services. Le groupe allemand a également fait savoir que sa nouvelle division mobilité, moovel GmbH (qui inclut RideScout, l’application Moovel mais aussi le service d’autopartage Car2Go), devrait avoir réalisé un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2014, pour sa première année pleine d’activité. Le seul service Car2Go devrait réaliser 75 % de ce chiffre d’affaires ; ce service d’autopartage est disponible dans une vingtaine e vilels dans le monde et compte plus d’un millions d’inscrits.Toutefois, Daimler n’est pas le seul constructeur à s’intéresser aux servies de mobilité.Ford conduit 25 expériences de mobilité dans plusieurs pays, en partenariat avec Verizon Telematics et Magna, notamment. Ces expériences font partie du programme Ford Smart Mobility. L’une de ces expériences vise à permettre de « commander » un minibus. Les navettes connectées passeront prendre 4 à 10 passagers, en calculant l’itinéraire le plus court pour relier les différentes situations des utilisateurs ainsi que leurs destinations. Cette expérience est menée à New York et Londres.General Motors de son côté a signé un accord d’exclusivité avec le service d’autopartage américain Enterprise CarShare, qui ne propose donc durant 4 mois que des modèles Chevrolet. Le service sert donc d’outil de promotion à General Motors, afin d’améliorer la visibilité de la marque Chevrolet, particulièrement dans des régions où elle n’est pas très demandée, comme à San Francisco.Audi a pour sa part lancé deux programmes pilotes d’autopartage de haut de gamme à Stockholm et à Berlin. Le programme suédois est baptisé Audi Unite. Il propose à trois ou quatre clients de partager un véhicule dans le cadre d’une location à la demande. Les clients peuvent ainsi se répartir le temps d’utilisation via une application. Le paiement mensuel est ensuite calculé selon l’utilisation effective de chaque client. Le programme allemand se nomme pour sa part Audi Select. Il permet à un client d’accéder à plusieurs Audi différentes au cours de l’année. Ainsi, l’automobiliste pourra choisir des modèles différents selon les saisons et les besoins.Au vu de l’intérêt croissant des constructeurs comme des particuliers pour ces services, il est possible d’imaginer une nouvelle réalité économique dans laquelle l’automobile ne serait plus exclusivement perçue comme un investissement à long terme par les consommateurs, mais comme un service, un outil, dont l’utilisation permettrait de générer un profit par véhicule plus important qu’en le vendant directement. Ainsi, le chiffre d’affaires réalisé par véhicule dans le secteur de l’autopartage pourrait à terme dépasser le prix moyen d’un véhicule à l’achat. Selon le cabinet d’analystes Gartner, d’ici à 2020, au moins un constructeur générera 10 % de son chiffre d’affaires via des services de mobilité.

Cindy Lavrut