Un point sur les restrictions de circulation à Londres (2/2)

Parallèlement au péage urbain, une zone à faibles émissions a été introduite à Londres le 4 février 2008, avec l’objectif d’améliorer la qualité de l’air en empêchant la circulation des véhicules les plus polluants. Les restrictions de circulation visent les véhicules utilitaires équipés de moteurs diesel. Les voitures et les deux-roues ne sont pas concernés. La zone couvre une superficie d’environ 1 600 km² et abrite environ sept millions d'habitants.Les restrictions ont été introduites en trois étapes. Dans la première phase, les camions lourds de plus de 12 tonnes devaient satisfaire à la nome Euro 3 pour les particules. Dans une deuxième phase, lancée le 7 juillet 2007, cette exigence a été étendue aux camions de 3,5 à 12 tonnes. A partir du 3 janvier 2012, les restrictions de circulation ont concerné aussi les utilitaires jusqu’à 5 tonnes ne répondant pas à la norme Euro 3 pour les particules, ainsi que les camions de plus de 3,5 tonnes, les autobus et les autocars de plus de 5 tonnes ne satisfaisant pas à la norme Euro 4.Les usagers, dont les véhicules ne répondent pas aux conditions d’accès, peuvent payer une redevance journalière pour circuler dans la zone. Son montant varie entre 100 et 200 livres (140 et 280 euros). En cas d'infraction, ils s'exposent à une amende comprise entre 500 et 1 000 livres (701 et 1 402 euros). Par ailleurs, le maire de Londres Boris Johnson a annoncé ce printemps qu’une zone à très faibles émissions (ULEZ) serait introduite dans le centre de Londres le 7 septembre 2020. Les véhicules qui circuleront dans la zone déjà soumise à péage devront satisfaire à de nouveaux critères d’émissions, 24h/24 et sept jours sur sept, ou à défaut acquitter une redevance quotidienne. « La première zone à ultra-faibles émissions au monde est une mesure essentielle pour améliorer la qualité de l’air dans notre ville, protéger la santé des Londoniens et maintenir notre statut de ville la plus formidable [au monde] », a déclaré M. Johnson.Seront autorisés à circuler dans la zone les voitures et les petits utilitaires équipés de moteurs diesel satisfaisant aux normes Euro 6 ou de moteurs de moteurs à essence satisfaisant aux normes Euro 4 ; les grands fourgons et minibus satisfaisant aux normes Euro 6 pour les diesel et Euro 4 pour les moteurs à essence, et les camions, autobus et autocars satisfaisant aux normes Euro 6. Les deux-roues motorisés devront pour leur part satisfaire aux normes Euro 3. Les véhicules qui ne satisferont pas à ces critères devront acquitter une redevance quotidienne de 12,5 livres (17,5 livres), ou 100 livres (140 euros) pour les camions, les autobus et les autocars. En cas de fraude, la sanction sera 130 livres (182 euros) pour les véhicules légers et les deux roues et de 1 000 livres (1 400 euros) pour les véhicules lourds. Les personnes résidant dans la zone auront un délai de trois ans pour se conformer aux nouvelles normes.En outre, à partir de 2018, les taxis devront pouvoir circuler en mode à émission zéro. A l'horizon 2020, les autobus de transport urbain devraient être électriques et ceux à deux étages hybrides. Les efforts pour promouvoir l'usage des véhicules électriques seront poursuivis. Les émissions d'oxydes d’azote et de particules des véhicules circulant dans la zone à très faibles émissions devraient être réduites de plus de moitié.

Frédérique Payneau