Un point sur les restrictions de circulation à Londres (1/2)

La ville de Londres fait coexister un péage urbain, introduit en 2003, qui vise à réduire les embouteillages dans le centre de la capitale britannique, et une zone à faibles émissions mise en place en 2008 afin d’améliorer la qualité de l’air dans un périmètre plus large.Le principe d’un péage urbain avait été proposé par les pouvoirs publics britanniques dès les années 1960, mais il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que le projet se concrétise. En novembre 1999, la municipalité de Londres a promulgué le « Greater London Authority Act », qui définit les pouvoirs du maire et de l’assemblée du Grand Londres, dont celui de mettre en place un système de péage urbain. Un an plus tard, le Parlement britannique votait le « Transport Act 2000 », qui définit, entre autres, un cadre à l’intention des autorités locales pour la mise en place de systèmes de péage urbain et de parking payant.Le péage urbain de Londres (Congestion Charge) est introduit le 17 février 2003. Les conducteurs doivent alors payer 5 livres (7 euros) par jour pour pouvoir circuler les jours de semaine dans le centre de la capitale britannique, dans une zone qui couvre une superficie de 21 km². En février 2007, la zone soumise à péage est agrandie à l’ouest ; sa superficie passe à 38 km², soit 2,7 % de celle du Grand Londres. L’extension du péage à l’ouest est supprimée en janvier 2014.Le péage à Londres s’applique de 7 heures à 18 heures du lundi au vendredi, sauf les jours fériés et entre Noël et le Nouvel An. Le tarif a été relevé à plusieurs reprises depuis 2003. Il s’élève aujourd’hui à 11,5 livres (16 euros), après avoir été porté à 8 livres (11,1 euros) en juillet 2005 et à 10 livres (13,9 euros) en janvier 2011. Les fraudeurs s’exposent à une amende de 130 livres (181 euros), qui est ramenée à 65 livres (90 euros) si elle est réglée dans un délai de 14 jours.Certaines catégories de véhicules sont automatiquement exemptées du péage ; c’est le cas des deux-roues, des taxis londoniens agréés, des véhicules des services d’urgence, de ceux transportant des personnes handicapées ou encore des véhicules dotés d’au moins neuf sièges considérés comme des autobus. Les personnes qui habitent dans ou juste à l’extérieur de la zone payante peuvent bénéficier d’une réduction de 90 %. Les véhicules électriques et les voitures et utilitaires légers hybrides rechargeables, ainsi que tous les véhicules légers émettant moins de 75 g de CO2/km et qui sont conformes à la norme Euro-5, sont également exemptés.L’entrée et la sortie de la zone de péage sont signalés par des indications sur la chaussée et par des panneaux. Il n’y a ni barrières ni postes de péages. Les conducteurs doivent faire enregistrer leur véhicule dans une base de données. Les véhicules circulant dans la zone sont identifiés par un réseau de caméras. Le paiement du forfait journalier peut s’effectuer de manière automatique (via le système CC Auto Pay qui permet en outre de bénéficier d’une réduction d’une livre), par internet, par SMS ou par courrier.Les revenus du péage sont réinvestis pour améliorer les transports à Londres. En 2012/2013, le péage urbain a généré 139 millions de livres de revenus nets (194 millions d'euros). Transport for London est responsable de la gestion du péage et de l’exploitation du système, ainsi que de l’évaluation des impacts. La taxe d'embouteillage a permis de réduire la circulation dans le centre de la capitale britannique de plus de 20 %.

Frédérique Payneau