Un an après le conflit avec la Chine, les Japonais profitent de nouveau de leur bonne implantation locale

Les ventes de voitures japonaises en Chine ont nettement rebondi en novembre et décembre 2013, un an après le conflit territorial entre Tokyo et Pékin, pourtant non réglé. La tension entre les deux pays n'est pas retombée autour de l'archipel inhabité des îles Senkaku, situé à 200 km au nord-est de Taïwan et à 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon). Mais ses effets sur les consommateurs chinois se sont atténués, permettant aux constructeurs japonais de profiter de nouveau de leur bonne implantation locale.

Les manifestations anti-japonaises, parfois violentes, qui avaient marqué la fin de l'année 2012 et une partie de l'année 2013, se sont raréfiées. Les consommateurs chinois, qui avaient alors boycotté l'achat de voitures japonaises en signe de protestation, semblent avoir tourné la page. Le patron de Nissan en Chine a même récemment expliqué que son entreprise peinait à suivre l'expansion effrénée du marché chinois, premier du secteur dans le monde.

Sur l'ensemble de l'année 2013, les ventes des grandes marques japonaises ont affiché de solides progressions. Le numéro un du secteur, Toyota, a indiqué que ses filiales chinoises avaient vendu 917 500 véhicules l'an passé, soit une hausse de 9,2 % sur un an pour atteindre un niveau record. Ce total dépasse l'objectif de 900 000 unités que le groupe s'était fixé. Fort de ce bon résultat, le constructeur escompte désormais vendre plus de 1,1 million de véhicules en Chine cette année, en mettant notamment l'accent sur les modèles compacts.

Honda a lui aussi battu son propre record de ventes en Chine l'an passé, avec 757 021 véhicules écoulés, en hausse de 26 %. "Les renouvellements de modèles ainsi que l'introduction de nouvelles gammes ont permis de stimuler les ventes", a expliqué le constructeur, qui vise un total de 900 000 ventes cette année.

De son côté, Nissan a également fait état d'une forte croissance de ses ventes en Chine en 2013, avec une hausse de 17,2 %, à 1 266 200 unités, dépassant ainsi l'objectif initial de 1,25 million d'unités qui avait été fixé pour l'année. Sur le seul mois de décembre, les ventes de Nissan sur le marché chinois ont bondi de 70,4 % (à 134 200 unités), après une envolée de 95,7 % en novembre et de 127,8 % en octobre. Nissan est ainsi devenu le premier constructeur japonais en Chine, devant Toyota et Honda. Il commencera cette année à produire des modèles Infiniti dans le pays et lancera de nouveaux modèles Venucia, sa marque chinoise exploitée avec Dongfeng.

Juliette Rodrigues