Toyota a dégagé des bénéfices records en 2013-2014 et estime pouvoir les maintenir

Toyota a dégagé un bénéfice net record de 1 823 milliards de yens (13,6 milliards d'euros) au cours de l'exercice fiscal clos fin mars, presque doublé par rapport à l'année précédente, sur un chiffre d'affaires en hausse de 16 %, à 25 691 milliards de yens (192 milliards d'euros). Son bénéfice opérationnel a lui aussi atteint un niveau record, à 2 292 milliards de yens (17 milliards d'euros), en progression de 73 %. Le constructeur a notamment bénéficié de la dépréciation du yen, qui a fortement accru ses revenus à l'exportation, d'autant plus qu'il produit plus de 40 % de ses véhicules au Japon contre seulement 20 % pour son concurrent Nissan.

Les ventes de Toyota en volume ont augmenté de 4,5 % en 2013-2014, dépassant la barre des dix millions d'unités (marques Toyota, Lexus, Daihatsu et Hino incluses), une première mondiale. Toyota a écoulé davantage de véhicules au Japon, aux Etats-Unis et en Europe ; il a en revanche marqué le pas en Asie (hors Japon), bien que ses ventes semblent se redresser en Chine.

Pour l'exercice 2014-2015, Akio Toyoda, directeur général de Toyota, s'est pourtant voulu prudent, assurant que le constructeur ne voulait pas griller les étapes. Son bénéfice net pourrait s'effriter de 2,4 % à 1 780 milliards de yens (12,7 milliards d'euros). "Nous ne chercherons jamais à grossir de façon déraisonnable. Pour les grandes firmes, l'arrogance est la pire des erreurs", a-t-il indiqué. Toyota prévoit une stagnation de son chiffre d'affaires, à 25 700 milliards de yens, et de son bénéfice d'exploitation, à 2 300 milliards de yens, "une pause volontaire" dans l'expansion des revenus, selon M. Toyoda. Les effets de change ne devraient pas être favorables cette fois et le constructeur espère compenser de moindres profits sur ses ventes par des réductions de coûts supplémentaires.

En outre, les ventes en volume devraient progresser très légèrement, de 1,2 %, tirées entre autres par son rebond aux Etats-Unis. Toyota évoque des "incertitudes" dans les pays émergents, mais aussi au Japon où un déclin est redouté ce printemps après la hausse de la TVA. (AFP, FIGARO 8/5/14)

Juliette Rodrigues