Téhéran a organisé une Conférence internationale de l'industrie automobile

Les principaux constructeurs et équipementiers mondiaux se sont rendus le 30 novembre à Téhéran à la Conférence internationale de l'industrie automobile, qui a rassemblé plus de 150 sociétés du secteur. Cet évènement, premier du genre dans le pays, se voulait le signe d'un « retour à la normale » pour l’industrie automobile iranienne.

Le ministre de l'Industrie, Mohammad Reza Nematzadeh, a déclaré espérer une levée des sanctions internationales « d'ici à fin décembre ». Il a souhaité « plus de coopération avec les compagnies étrangères », notamment avec Peugeot et Renault, qui ont « une longue expérience de coopération avec l'Iran ».

L'Iran, 11ème marché mondial et 13ème producteur d’automobiles en 2011, « a un potentiel considérable qui est sous-exploité depuis 2012 », a souligné Patrick Blain, président de l'OICA (Organisation internationale des constructeurs d’automobiles).

« Les partenaires sont en place, il n'y a pas de raison de ne pas revenir » dès 2014 à un chiffre de production d'1,6 million de véhicules par an, comme en 2011, « et pourquoi pas atteindre les 2 millions », a ajouté M. Blain, soulignant le taux de motorisation faible du pays, avec seulement 89 véhicules pour 1 000 habitants, soit moins que la Chine.

Gilles Normand, directeur des opérations de Renault pour l'Asie-Pacifique, a déclaré que le Moyen-Orient représentait un « marché d'avenir » pour l'ensemble des constructeurs. En Iran, « 50 % du parc automobile, qui compte plus de 20 millions d'unités, a plus de 25 ans », a-t-il rappelé. Renault, présent en Iran depuis 2004, y a vendu plus de 100 000 voitures en 2012 et représentait 10 % du marché. L'activité a plongé à 30 000 unités à fin juin 2013.

PSA Peugeot Citroën a pour sa part quitté son deuxième marché en volumes au printemps 2012. La marque au lion avait vendu l'année précédente 458 000 véhicules en Iran, et son retrait a provoqué un manque à gagner d'une centaine de millions d'euros entre les résultats de 2011 et ceux de 2012. Peugeot a repris contact avec son partenaire historique, Iran Khodro, a indiqué une source au sein du premier constructeur iranien.

Mais pour les participants, la relance économique ne se fera pas sans un allègement des sanctions sur les flux financiers, aussi vite que possible. « L'important, c'est la vitesse. Les Iraniens sont pressés », a déclaré M. Blain. « Il faut que l'Iran se retrouve avec des financements internes et internationaux comme n'importe quel autre pays », a-t-il ajouté.

Gilles Normand a dé son côté indiqué qu’il préférait attendre une clarification des termes de l'accord intérimaire signé à Genève « aux alentours de janvier 2014 ». « On reste dans une politique pragmatique, on respecte les sanctions internationales », a souligné le dirigeant, qui a toutefois commencé à « travailler en amont » avec ses fournisseurs pour un redémarrage de l'activité.

Les équipementiers français, présents à travers la FIEV (Fédération des industries et équipements pour véhicules) ont pour leur souligné « la position majeure » de la filière automobile française en Iran avant les sanctions. « Il serait dommage de la perdre », a indiqué le vice-président de la FIEV Arnaud de David-Beauregard. (AFP 30/11/13)

Alexandra Frutos