Takata porte à 34 millions le nombre de véhicules rappelés aux Etats-Unis

Après des mois de pression, l'équipementier japonais Takata a finalement décidé de doubler, à environ 34 millions, le nombre de véhicules qui vont être rappelés aux Etats-Unis en raison de ses airbags défectueux. C'est le plus gros rappel de produits aux Etats-Unis depuis que le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson avait, en 1982, rappelé 31 millions de boîtes de comprimés Tylenol empoisonnés au cyanure.

Au-delà du cas américain, des millions d'autres voitures ont été convoquées au garage dans le monde pour la même raison. Le secrétaire américain aux Transports Anthony Foxx a fait état du retour chez les concessionnaires de quelque 17 millions de voitures supplémentaires à l'échelle du pays, qui viennent s'ajouter à une première vague de 17 millions.

Produits dans les années 2000, les airbags défectueux peuvent exploser, même en cas de collision mineure, et projeter des fragments de métal et de plastique sur les passagers, selon les autorités américaines. L'agent gonfleur utilisé - du nitrate d'ammonium - est notamment susceptible de se détériorer en cas d'exposition à une humidité excessive, mais Takata a déclaré poursuivre ses tests pour identifier la cause exacte du défaut.

Pour la première fois, le groupe japonais a "reconnu" que ses équipements étaient défaillants. Selon des documents adressés à l'Agence américaine de la sécurité routière (NHTSA), Takata admet en outre que les airbags mis en cause peuvent laisser échapper de l'air.

Ces coussins de sécurité sont associés à "au moins cinq décès" sur le sol américain et à de nombreux blessés, a précisé le ministre. Le bilan total dans le monde, y compris les Etats-Unis, s'établit à six morts et 105 blessés.

Saluant les bonnes dispositions de Takata, les autorités américaines ont décidé de suspendre la pénalité financière de 14 000 dollars par jour qu'ils lui avaient infligée en février pour refus de coopérer "totalement" avec la NHTSA. A ce jour, le montant des sanctions dépasse le million de dollars.

Les réparations vont prendre des mois, voire des années avant d'être complètement effectuées d'autant qu'il y a une pénurie des pièces de remplacement. Takata, qui emploie plus de 43 500 personnes dans le monde, a décidé de doubler ses capacités de production, à 900 000 kits par mois à compter de septembre. Depuis janvier, Takata produit 450 000 kits par mois, contre 300 000 en décembre. Le groupe travaille également avec des concurrents pour répondre à la demande des constructeurs.

Une dizaine de groupes automobiles sont concernés : BMW, Fiat, Chrysler, General Motors, Ford, Mazda, Mitsubishi, Nissan, Subaru, Toyota et surtout Honda, qui a déjà fait revenir à lui seul 19,6 millions de véhicules à travers le monde chez ses concessionnaires, dont 5 millions jeudi dernier. Chez Toyota, 8 millions de véhicules ont été rappelés, et chez Nissan, 4 millions.

Outre la pression des régulateurs l'accusant de sa mauvaise gestion du scandale, Takata est visé par une enquête pénale du département américain de la Justice (DoJ), qui soupçonne l'équipementier d'avoir masqué le problème pendant des années. (AFP, NIKKEI 20/5/15, AUTOMOTIVE NEWS 19/5/15)

Juliette Rodrigues