Takata : la retentissante faillite d’un géant industriel japonais (2/2)

Takata s'est toujours montré très avare d'explications, rejetant initialement toute responsabilité, une gestion de la crise qui a contribué à amplifier la campagne de rappels et à ternir davantage la réputation du groupe. Au total, quelque 100 millions d'airbags sont concernés dans le monde, dont 70 millions aux Etats-Unis, pour un coût estimé à 1 300 milliards de yens (10,45 milliards d'euros) selon l'institut de recherche Tokyo Shoko. Takata ne survivra pas à une telle facture, à laquelle s'ajoutent de nombreuses plaintes d'automobilistes.A l'issue du conseil d'administration du 26 juin, le groupe a ainsi annoncé avoir enclenché la procédure de redressement judiciaire, "à la fois auprès d'un tribunal de Tokyo et aux Etats-Unis". Outre sa filiale américaine, basée dans l'Etat du Delaware, qui s'est placée sous la protection du chapitre 11 sur les faillites, ses différentes unités, situées notamment en Chine et au Mexique, sont concernées. Takata a précisé avoir conclu un accord pour transférer ses activités à Key Safety Systems (KSS), un équipementier américain contrôlé par le chinois Ningbo Joyson Electronic, pour un montant de 175 milliards de yens (1,4 milliard d'euros). Le PDG de Takata, Shigehisa Takada, qui a longtemps repoussé le scénario de la faillite, s'est félicité du choix de KSS. Il a également promis de démissionner "au moment approprié" une fois le passage de relais effectué. Malgré cette affaire, "Takata conserve une main-d'oeuvre forte et compétente, une couverture géographique large et d'exceptionnels volants, ceintures et autres produits de sécurité", a commenté de son côté Jason Luo, président directeur général de KSS. La transaction doit être bouclée au premier trimestre 2018. Quant au nom Takata, il est vraisemblablement amené à disparaître. Honda a d'ores et déjà prévenu qu'il avait peu d'espoir de "récupérer" les importantes sommes dépensées pour remplacer les airbags, tout en assurant que l'impact sur ses résultats financiers de l'année en cours serait "limité" étant donné que de l'argent a déjà été provisionné. Toyota et Nissan ont émis des déclarations similaires, Toyota chiffrant ses coûts à 570 milliards de yens (4,58 milliards d'euros). Des constructeurs sont également affectés, notamment BMW, Ford et General Motors.

Juliette Rodrigues