Takata a annoncé la démission de son directeur général

Takata, dont les airbags défectueux ont entraîné le rappel de millions de véhicules dans le monde et le décès de cinq personnes, a annoncé la démission de son directeur général, Stefan Stocker, ainsi que la réduction du salaire de plusieurs responsables.

Shigehisa Takada, petit-fils du fondateur et président du conseil d'administration de Takata, prendra en charge la gestion au quotidien du groupe en remplacement de M. Stocker, afin de "mieux centraliser la réponse" à la crise et d'"accélérer la prise de décisions", explique Takata dans un communiqué.

M. Takada va par ailleurs voir ses émoluments diminuer de 50 % pendant quatre mois, et M. Stocker de 30 % (ce dernier continuera à siéger au conseil). La rétribution de trois autres dirigeants sera également abaissée de 20 % sur la même période.

Dans une déclaration distincte, Takata a de nouveau présenté ses "excuses les plus sincères" à la famille des cinq victimes recensées à ce jour (quatre aux Etats-Unis, une en Malaisie), ainsi qu'à "ceux qui ont été blessés du fait de ses coussins de sécurité défaillants".

Outre l'impact dévastateur de cette affaire sur son image, Takata subit de lourdes pertes et a vu son action plonger de plus de 50 % à la Bourse de Tokyo cette année. Cible d'une enquête pénale et de plusieurs plaintes aux Etats-Unis, il est accusé d'avoir masqué le problème pendant des années.

Ses airbags défectueux, produits dans les années 2000, peuvent exploser et projeter des fragments de métal et plastique sur les passagers. Les régions à forte humidité sont principalement concernées en raison de la détérioration de l'agent gonfleur, le nitrate d'ammonium. Au moins 20 millions de voitures d'une douzaine de constructeurs, dont un grand nombre en Amérique du Nord, ont dû être rappelées pour réparation ou à titre de précaution. (AFP 24/12/14)

Juliette Rodrigues