Suzuki va pouvoir racheter les parts de son capital détenues par Volkswagen

Suzuki a annoncé son intention de racheter ses propres actions détenues par Volkswagen, après avoir obtenu gain de cause en justice dans ce litige vieux de quatre ans.

Suzuki avait signifié le 18 novembre 2011 à Volkswagen la fin de leur relation, et cherchait depuis à reprendre les 19,9 % de son capital qu'avait acquis Volkswagen. Saisie par Suzuki, l'instance d'arbitrage de la Chambre internationale de commerce, basée à Londres, a jugé que l'accord entre les deux groupes avait été rompu dans les règles et "a ordonné à Volkswagen de céder sans délai ses parts à Suzuki ou à une tierce partie désignée par Suzuki".

Osamu Suzuki, président du conseil d'administration du groupe, s'est dit "satisfait" de cette décision lors d'une conférence de presse à Tokyo, sans revenir sur les raisons du contentieux. "C'était une expérience précieuse. J'ai appris qu'il existait différents types de compagnies", a-t-il simplement déclaré.

Interrogé sur la possibilité d'autres accords avec Volkswagen dans le futur, il a répondu qu'"on ne se remariait pas avec quelqu'un dont on a divorcé", soulignant que la compagnie préférait faire sa route "de manière indépendante". Initialement, Suzuki espérait bénéficier de l'expertise de Volkswagen dans les technologies hybrides et vertes, tandis que le groupe allemand espérait développer avec son partenaire des petites voitures pour les marchés émergents. Mais selon Suzuki, Volkswagen a contrevenu à maintes reprises au contrat entre les deux entreprises en lui refusant l'accès à ses technologies.

Volkswagen juge quant à lui que Suzuki a fauté en s'approvisionnant en moteurs diesel auprès du concurrent italien Fiat. Ces allégations "de violation de l'accord par Suzuki ont été partiellement retenues, et le tribunal se prononcera ultérieurement sur le montant d'éventuels dommages et intérêts", a précisé le constructeur japonais.

Suzuki ne prévoit pas à ce stade d'impact sur ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice qui s'achèvera fin mars 2016. Il avait indiqué début août qu'il anticipait un chiffre d'affaires en hausse de 2,8 %, à 3 100 milliards de yens (22,7 milliards d'euros), tandis que le bénéfice opérationnel est attendu à 190 milliards de yens (1,4 milliard d'euros, + 5,9 %), et le bénéfice net à 110 milliards (807,9 millions d'euros, + 13,6 %). (AFP, AUTOMOTIVE NEWS, AUTOMOBILWOCHE 30/8/15, ECHOS, NIKKEI ASIAN REVIEW 31/8/15)

Juliette Rodrigues