Station F : Silicon Valley sur Seine

Le Président Emmanuel Macron est venu hier soir inaugurer Station F, le plus grand campus de start-up au monde. Ce projet de 250 millions d’euros, initié par Xavier Niel, le fondateur de Free et serial entrepreneur, permet d’avoir tout un écosystème sous un seul et même toit.

Après Viva Tech, où il avait déjà été ovationné après un discours optimiste appelant à faire de la France une « Start Up Nation », le chef de l’Etat a pu mesurer sa côte de popularité auprès des geeks et des futurs acteurs du numérique. Ils lui ont réservé un accueil triomphal. Pour sa part, M. Macron a appelé les start-up à « changer le pays ».
Ce site de 34 000 m2 a déjà convaincu des multinationales telles qu’Amazon, Facebook, Microsoft qui ont décidé de soutenir des jeunes pousses. En tout, ce sont 1000 start-up qui seront accompagnées par Station F, à travers une vingtaine de programmes. Si Station F adresse bon nombre de domaines, de la cybersécurité à l’intelligence artificielle, l’automobile n’est pas oubliée.

La filière est représentée par le CNPA (Conseil National des Professionnels de l’Automobile), qui est partenaire du campus et y a installé son MOOVE Lab?. Il s'agit d'un laboratoire d’innovation dont le rôle sera de jouer l'incubateur de nouveaux talents dans le domaine de la mobilité. Pour mener à bien cette mission, le CNPA s’est associé à Via ID, un acteur de référence de l’accélération des start-up dans les nouvelles mobilités. Il est présent en France et à l’international avec de belles réussites à son actif dont Drivy (location entre particuliers) ou Xee (boîtier qui rend les véhicules connectés). Via ID s'appuie sur l'écosystème fort du réseau Mobivia (Norauto, Midas’).

Mais station F n’oublie pas pour autant la filière en amont. Ainsi, le programme associé Usine IO a d’ores et déjà prévu une sélection de start-up dans le domaine du véhicule connecté et autonome. On connaîtra les lauréats à la rentrée. Sans surprise, le programme a d'ores et déjà attiré des poids-lourds de l'automobile, dont le groupe PSA, Valeo, NVIDIA, l'institut VEDECOM, le pôle de compétitivité Mov'éo et l'assureur Allianz.

L’incubateur géant Station F est complémentaire de la stratégie mise en place par les constructeurs français. De son côté, le groupe Renault s'est associé à Numa, accélérateur de projets innovants, pour créer CityMakers, un programme d'open innovation qui a pour objectif d'expérimenter des solutions visant à accélérer la transition vers une mobilité urbaine flexible et durable. Il a ouvert aussi le Square, un espace dédié à l'innovation au c’ur de Paris, dont la vocation est d’élaborer des projets avec les start-up et valoriser ses communautés d'innovation internes. Quant à PSA, il s’est organisé avec un Business Lab, destiné à accueillir les start-up. Et cette agitation gagne aussi les équipementiers, dont Valeo qui a développé un vaste écosystème à travers le monde.

Si Station F a d’ores et déjà fait parler de lui, jusqu’au c’ur de la Silicon Valley, il va falloir maintenant identifier les futures licornes (sociétés valorisées 1 milliard de dollars) et faire en sorte de les accompagner jusqu’au bout. Pour le moment, BlaBlaCar fait partie de ces rares élus, sans pour autant être profitable.

Laurent Meillaud {pour le CCFA}

Olivier