Sociétal : L’Art de l’automobile

[Voir la vidéo sur Youtube->https://www.youtube.com/watch?v=ZtPbcyU8xsE][Voir l'intégrale de la conférence->https://www.youtube.com/watch?v=w0f6t8v5Xro]{Participent à l’Atelier :Rémy DEPOIX, Président du Festival Automobile InternationalAnn HINDRY, Conservatrice, Collection RenaultMathieu FLONNEAU, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’Institut d’Etudes PolitiquesHervé POULAIN, Commissaire-priseurRodolphe RAPETTI, Direction des Musées de France.L’Atelier est animé par Stanislas GRENAPIN, journaliste automobile.}Si Stanislas GRENAPIN, journaliste et animateur de l’atelier, rappelle que pour Stirling Moss, « la conduite automobile est un art », Rodolphe RAPETTI, conservateur général du patrimoine à l’Institut national d’Histoire de l’Art, considère que l’automobile peut être rapprochée du champ des arts décoratifs, qui rassemble des objets ayant une fonction. Il n’en demeure pas moins que certaines automobiles créent une émotion esthétique qui en fait des ?uvres d’art. Il existe dans l’automobile un geste gratuit qui rapproche cet objet cinétique de l’art. C’est peut-être là, parmi les objets utilitaires réalisés avec le génie de l’être humain, que la notion d’art s’applique le mieux, en ceci que l’automobile déclenche un certain nombre de désirs (liberté, vitesse?), comparables en bien des points à ce que peut procurer l’émotion artistique. Ann HINDRY, conservatrice de la collection Renault d’art contemporain, définit l’art comme un espace de liberté hors de la société. A ce titre, la création automobile ne relève pas de l’art mais ces deux champs se sont rencontrés dès le début du XXème siècle. Hervé POULAIN, commissaire-priseur, observe que cette conversation est née bien avant l’automobile : on peut la faire remonter à Louis XIV lorsque Le Brun, peintre du roi, a institué une hiérarchie entre les arts majeurs (peinture, architecture, etc.) et les arts d’application (porcelaine, mobilier, etc.). Au XIXème siècle, alors qu’il était question de rapprocher l’industrie des beaux-arts, Ingres a rejeté de ce projet, considérant que l’industrie ne devait pas venir souiller les marches de l’école des Beaux-Arts. En matière automobile, tout n’est pas de l’art et certaines voitures n’ont aucune ambition à cet égard, alors que dans la collection de Ralph Lauren figuraient quelques chefs-d’?uvre avec lesquels peu de tableaux peuvent rivaliser.Rémy DEPOIX estime aussi qu’il y a d’authentiques chefs-d’?uvre parmi les concept cars exposés lors de chaque édition du Festival Automobile International, qu’il préside. Il note d'ailleurs qu’au cours des années 1980 et 1990, le design automobile n’existait plus. Les voitures étaient réalisées sur ordinateur, toutes anguleuses et rectangulaires, souvent affreuses. Cela a beaucoup changé dans les années 2000 et nous revenons aujourd'hui à la beauté automobile car une voiture laide ne se vend pas. La dimension économique nous permet donc, d’une certaine façon, de renouer avec l’esthétique automobile.Pour Mathieu FLONNEAU, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et à l’Institut d’Etudes Politiques, on peut parler d’art dès lors qu’un investissement a lieu en termes de savoir-faire et de travail investi dans une réalisation. L’objet est ensuite transfiguré pour être associé à une mythologie. L’automobilisme est un art humaniste, reflétant une forme d’art de vivre et d’ethos de l’individu. La richesse des mondes de l’automobilisme fait d'ailleurs se juxtaposer une voiture en libre partage et une voiture d’exception qui ne serait partagée pour rien au monde.

emmanuel