Sevelnord impulse le renouveau industriel de PSA

L'usine Sevelnord de Valenciennes, qui commencera en 2016 à produire les successeurs des Citroën Jumpy et Peugeot Expert, témoigne de la mise à niveau industrielle de PSA Peugeot Citroën (programme Usine Excellente), dans une perspective d'excellence et d'optimisation des coûts. « Nous nous repositionnons dans le peloton de tête en termes d’efficacité industrielle. Mais nous pouvons aller plus loin », affirme Yann Vincent, directeur industriel de PSA. Le constructeur a ainsi pointé du doigt plusieurs faiblesses à corriger : « Redimensionner et moderniser les capacités industrielles et optimiser le taux d’utilisation des usines ». Le taux d’utilisation de l’actif industriel, inférieur à 100 %, doit être ainsi porté à 115 %. « Il est également nécessaire d’abaisser les prix de revient de fabrication, pour atteindre un objectif de - 500 euros en 2015-2018, contre - 730 euros réalisés sur la période 2012-2014. Nous devons doubler le sourcing low-cost et ainsi passer de 20 % à 40 % en 2020 », poursuit le dirigeant. Les pays d’Europe de l’Est, le Maghreb, voire même la Chine pour certains composants, représentent les débouchés les plus concrets.

Dimensionné lors de son inauguration en 1994 pour fabriquer 180 000 véhicules par an, le site de Sevelnord, qui ne produit plus que des utilitaires depuis juin 2014 et l’arrêt des Citroën C 8 et Peugeot 807, a fabriqué 83 000 unités l’an passé (dont 5 % pour Toyota). Malgré la fin de vie des produits, il devrait atteindre 87 000 véhicules sur l’ensemble de 2015. Après une longue période de turbulences en 2012, suite à l’annonce du retrait de Fiat, prévu pour 2017, le site d’Hordain a été le premier à enclencher la marche en avant. « Une question de survie », estime Patrick Le Guyader, directeur du site. Le processus a ensuite été accéléré avec l’arrivée de Carlos Tavares à la tête du groupe et a servi de rampe de lancement au nouveau projet, le K0, qui sera lancé en 2016.

La transformation s’est concrétisée via le compactage ou « rightsizing » destiné à optimiser les surfaces et les flux internes. Cette étape a été possible par la réduction du nombre et la taille des lignes de production, la concentration de la logistique au c’ur de l’atelier, l’intégration des fournisseurs dans l’usine ou encore la valorisation de surfaces non-utilisées. Ainsi, le site poursuit les discussions pour louer des surfaces industrielles, voire même du tertiaire à des acteurs extérieurs. L’autre changement majeur concerne l’intégration du « Kitting » en 2014, méthode d’approvisionnement des pièces en bord ligne nécessaires à l’assemblage d’un véhicule, pratique en vigueur chez bon nombre de constructeurs. Aujourd’hui, 65 % des postes de travail ont adopté cette méthode et le site d’Hordain basculera en « full-kitting » dans le courant du second semestre 2015. Enfin, l’usine du Nord a été la première en Europe à adopter le programme Corail en novembre 2014, un projet de transformation des modes de fonctionnement de la Supply Chain Amont et des Systèmes d’Informations associés. L’usine slovaque de Trnava a reçu Corail en juin 2015, Rennes lui succèdera en novembre prochain et le programme sera déployé sur l’ensemble des sites de production en 2019. (LARGUS.FR 29/6/15)

Alexandra Frutos