Ségolène Royal opposée à un alourdissement de la fiscalité du diesel

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a déclaré le 13 mai que la transition énergétique ne devait pas passer par un alourdissement de la fiscalité du diesel, mais par une accélération de l'éco-mobilité. « Tout l'effort du gouvernement se dirige actuellement vers l'allègement de la charge fiscale. On ne peut pas fiscalement charger encore des citoyens qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse consacrée à la remise officielle d'un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Ce rapport, rédigé par le député Denis Baupin (EELV) et la sénatrice UMP Fabienne Keller, a été rendu public en janvier dernier. Il est consacré aux « Nouvelles mobilités sereines et durables : concevoir et utiliser des véhicules écologiques ».

Mme Royal estime qu’il « faut sauter une étape et accélérer cette transition (énergétique) » en trouvant « un moyen pour que les Français qui souhaitent changer leur voiture diesel polluante puissent directement faire l'achat d'un véhicule électrique ou d'un véhicule hautement performant » du point de vue écologique. Ceci « sans attendre la définition des différentes normes de ce qu'est une voiture propre », a-t-elle précisé.

Concernant le financement de cette transition énergétique, qui doit faire l'objet d'une loi ad hoc, la ministre a relevé que « les moyens financiers existent, c'est ça le paradoxe ». D'autant que ça « rapporte plus que ça ne coûte. Plus la transition énergétique sera rapide, moins elle sera coûteuse », a assuré Mme Royal, affirmant qu'elle rapporterait en emplois, en bien-être, en recul de pollution, en amélioration de la santé, en métiers nouveaux non délocalisables ou encore en investissements dans la recherche et l'innovation. « J'ai bien l'intention de puiser » dans le rapport de l'OPECST pour finaliser le projet de loi qui devrait être débattu à partir de septembre au Parlement, a-t-elle ajouté.

Elle a notamment évoqué certaines préconisations comme la stratégie bas carbone, l’encouragement du covoiturage, l'intégration de places réservées et de points de charge obligatoires sur les parkings des nouvelles constructions (bureaux, logements), l'autorisation d'expérimenter des véhicules innovants et l'augmentation progressive des biocarburants.

La ministre a également déclaré que plusieurs « actions concrètes » nécessitaient « d'être approfondies » : la définition juridique de ce qu'est un véhicule écologique et des avantages dont il peut bénéficier, le renforcement de l'utilisation des certificats d'économie d'énergie et la réflexion pour aider les ménages modestes à remplacer les véhicules les plus polluants par des véhicules plus écologiques. (AFP 13/5/14)

Alexandra Frutos