SITL repris par le groupe américain Cenntro Motor

Le tribunal de commerce de Lyon a validé le 18 juin un plan de cession pour SITL, ex-usine FagorBrandt reconvertie dans les véhicules électriques, en la confiant à un repreneur basé dans les Iles Vierges, le groupe américain Cenntro Motor, qui s'est engagé à reprendre les 395 salariés, parmi lesquels seulement 40 travailleront dans l'immédiat. Outre 94 personnes en préretraite ou congé longue maladie, dont les droits ont fait l'objet d'âpres négociations, 116 salariés seront en effet au chômage technique pendant trois mois et 145 auront 12 à 18 mois de formation, payée par des fonds publics.

Spécialisé lui aussi dans les utilitaires électriques et désireux de s'implanter en Europe, Cenntro revendique une vingtaine de filiales réparties entre les Etats-Unis, la Chine et les Iles Vierges britanniques, 600 millions de dollars de chiffre d'affaires et 145 millions de fonds propres.

Le repreneur compte investir 30 millions d'euros dans l’entreprise en deux temps, dont 7,5 millions déjà pourvus en fonds de roulement, et développer la fabrication de batteries.

L'offre de Cenntro était par ailleurs conditionnée au rachat du terrain de l'usine, propriété de FagorBrandt, par le Grand Lyon, qui le mettra à sa disposition gratuitement pendant deux ans, hors taxe foncière, ensuite à un loyer préférentiel. La région Rhône-Alpes finance en partie l'opération. Les deux collectivités ont salué la décision du tribunal, synonyme à leurs yeux d'espoir et d'avenir pour l'industrie locale.

La Société d'Innovation et de Technologie (SITL) avait été créée en avril 2011 par l'industriel Pierre Millet qui avait racheté le site à FagorBrandt. Tout en restant sous-traitant pour le montage de lave-linge (95% de son chiffre d'affaires), la société s'était tournée vers la production de véhicules utilitaires 100% électriques. La faillite de FagorBrandt avait précipité la mise en redressement judiciaire de SITL en janvier, avec un passif de 27 millions. Cenntro Motor reprend la production de véhicules électriques et de filtres industriels, abandonnant les lave-linge. Le prix de cession est de 500 000 euros. (AFP 18/6/14)

Alexandra Frutos