Restrictions de circulation dans Paris, quelles conséquences pour les artisans et PME ?

L'entrée en vigueur le 1er juillet de nouvelles restrictions de circulation à Paris pour les véhicules dont les émissions sont les plus élevées va avoir des conséquences sur certains automobilistes, mais aussi et surtout sur les livraisons de marchandises dans la capitale, expliquent Les Echos dans leur édition du 3 juillet.

Les voitures et véhicules utilitaires légers immatriculés avant le 1er janvier 1997 étaient déjà interdits de circulation de 8 heures à 20 heures les jours de semaine. Cette interdiction est désormais étendue aux véhicules mis en service avant le 1er janvier 2001. Or, d’après la société AAA Data, quelque 73 000 véhicules utilitaires diesel de moins de 3,5 tonnes, sur les 142 000 enregistrés à Paris, ont été immatriculés avant cette date. Les fourgonnettes et camions susceptibles d'être interdits de circulation représenteraient donc plus de la moitié du parc diesel et 42 % de l'ensemble des VUL parisiens. Les poids lourds immatriculés avant 2006, eux, sont désormais bannis des rues parisiennes 7 jours sur 7.

Un certain nombre de dérogations sont certes prévues, pour les véhicules d'approvisionnement des marchés habilités par la Mairie, ou encore pour les véhicules frigorifiques, mais de nombreux professionnels risquent d'être verbalisés. Le secteur de la livraison (la messagerie ou l'acheminement de colis, par exemple) n'est pas le plus menacé. « Nos adhérents roulent beaucoup, ce qui les amène à renouveler au bout de six ou sept ans en moyenne », explique un adhérent de TLF, l'une des fédérations professionnelles du secteur. Les artisans et certaines PME, en revanche, utilisent ponctuellement leurs fourgonnettes et mettent plus de temps à les amortir. Ce sont eux sont les plus vulnérables. L'un des objectifs du nouveau dispositif semble d'ailleurs de pousser ces artisans à sous-traiter leurs transports, afin d'optimiser les flux et de diminuer le trafic dans les rues, explique Jérôme Libeskind, un expert de la logistique urbaine. Ce qui favorisera les professionnels de la livraison. Ceux-ci manifestent toutefois leur inquiétude sur la sortie totale du diesel qui se profile à moyen terme. « Le choix de véhicules utilitaires circulant à l'électricité ou au gaz est aujourd'hui restreint avec des coûts élevés, et les réseaux de recharge ou d'approvisionnement restent largement à bâtir », pointe la FNTR, une autre fédération professionnelle.

Face à cela, les industriels s'efforcent de convaincre de l'efficacité de leurs solutions. Tel Symbio, une société qui propose des véhicules hybrides batterie-hydrogène et qui cible en priorité le marché des professionnels, persuadée qu'ils seront séduits par la souplesse d'utilisation permise par sa technologie. La jeune pousse, qui compte à son capital Michelin et Engie, a déjà équipé quelques centaines de Kangoo et prépare un modèle de véhicule utilitaire léger pour 2018.

Alexandra Frutos