Renault veut améliorer la compétitivité de son usine historique roumaine

Renault va prendre des mesures pour améliorer la compétitivité de son usine historique Dacia en Roumanie et éviter qu'elle soit dépassée par le nouveau site de Tanger au Maroc, a déclaré le directeur général de Renault Roumanie. Le groupe français va ainsi renforcer l'automatisation, contenir les augmentations de salaires et ne pas remplacer des départs, a expliqué Nicolas Maure le 4 mai.

Renault a acquis Dacia en 1999 et en a fait un de ses moteurs de croissance grâce à ses prix abordables. Mais l'usine de Mioveni, où travaillent 14 000 des 17 000 salariés de Renault en Roumanie, est en butte à la hausse des coûts salariaux dans le pays et pâtit aussi d'infrastructures routières déficientes. La nouvelle usine de Tanger, à la pointe nord-ouest du Maroc, assemble les mêmes modèles d'entrée de gamme depuis son ouverture en 2012. Pour renforcer la compétitivité de Mioveni, Renault compte y porter le degré d'automatisation à 20 % d'ici à cinq ans, contre seulement 5 % actuellement, a précisé M. Maure. Les grandes usines automobiles des pays occidentaux sont automatisées jusqu'à 90 %, mais Renault ne veut pas aller trop vite en besogne en Roumanie afin d'éviter un « tsunami » sur l'emploi, a expliqué le dirigeant. Si les salaires en Roumanie restent parmi les plus bas de l'Union européenne, les ouvriers de Mioveni touchent plus que la moyenne nationale et leur salaire est environ 2,5 fois plus important que celui des salariés de Renault au Maroc. « Il faut être réaliste, si on veut que l'usine reste compétitive, il faudrait ralentir le rythme des augmentations de salaires pendant une période de temps », a déclaré Nicolas Maure, tout en notant que Mioveni restait devant Tanger en termes de compétitivité. Quelque 340 000 véhicules sont sortis de l'usine roumaine l'an dernier et la production devrait être encore légèrement supérieure cette année, ce qui suppose que le site, qui a une capacité de production de 350 000 unités, tourne à plein régime. « Néanmoins, les volumes à Tanger augmentent beaucoup en 2015 », a noté le directeur général. « Cela pourrait donc réduire fortement l'écart en notre faveur et c'est pour cela qu'il importe de renforcer notre compétitivité », a-t-il ajouté.

M. Maure a par ailleurs indiqué espérer une reprise d'ici « 12 à 18 mois » des exportations de composants et de pièces automobiles vers l'Iran si les puissances occidentales et Téhéran concluent un accord sur le programme nucléaire du pays. (REUTERS 4/5/15, ECHOS 5/5/15)

Alexandra Frutos