Renault se relance dans le haut de gamme

« Nous lançons trois nouveaux modèles en deux ans, c'est une refonte en profondeur de notre offre », indique Jérôme Stoll, directeur commercial monde de Renault, évoquant le renouveau de la marque dans le haut de gamme. Le Nouvel Espace, présenté cette semaine à la presse, abandonne la carrosserie monospace pour prendre la forme d'un véhicule métis ; il sera vendu entre 34 200 euros et 46 300 euros. Puis viendra, dès la fin de l'année, la remplaçante de la Laguna, dont les lignes et le nouveau nom seront dévoilés en juillet. Egalement disponible en break, le modèle remplacera non seulement la berline, mais aussi la Latitude, que la marque au losange importait depuis la Corée pour remplacer la Vel Satis. Enfin, un véhicule métis de segment D sortira l'année prochaine en Chine, avant de venir en Europe pour remplacer le Koleos.

Basé sur la nouvelle plateforme CMF, commune avec Nissan, le nouveau programme de haut de gamme de Renault dispose d'un point mort sensiblement abaissé, et s'avère donc moins risqué. Son terrain de jeu se veut également international. « C'est la grande différence avec nos expériences passées. La Vel Satis était un véhicule pensé pour l'Europe et les ventes au-delà étaient perçues comme du bonus », souligne M. Stoll.

Si l'Espace ne sera exporté que dans l'empire du Milieu, le futur véhicule métis de segment D sera, lui, assemblé dans l'usine de Wuhan dès 2016. Quant à la remplaçante de la Laguna, assemblée à Douai, en France, et en Corée du sud, sa production en Chine dépendra des premières performances de Renault sur ce marché. Alors que 70 % des ventes de ces segments se font auprès des flottes d'entreprise, le programme parie sur des émissions maîtrisées - le nouvel Espace échappe enfin au malus en France - et devrait intégrer, à mi-vie, la technologie hybride. « Il est clair qu'à terme, il faudra introduire cette technologie », indique Philippe Brunet, patron du programme segment D de Renault.

« En France, nous devons avoir une part de marché sur ce segment équivalente à celle de Renault sur l'ensemble du marché », explique par ailleurs Jérôme Stoll. Soit 21 % pour la marque Renault. « Tout l'objectif est d'augmenter notre chiffre d'affaires unitaire. Aujourd'hui, un client Renault n'est pas prêt à payer plus de 50 000 euros. A terme, il faut que l'on soit capable de lever ce seuil », ajoute-t-il. (ECHOS 1/4/15)

Alexandra Frutos