Renault s’est fixé « un haut niveau d’exigence » pour l’Espace

Le lancement du nouveau Renault Espace était initialement prévu pour le Mondial de l’Automobile, mais il a finalement été reporté au printemps. « C’est vrai que ce programme a été retardé parce que nous ne voulions aucun compromis sur la qualité. Notre exigence a été très fortement remontée en termes notamment de qualité perçue à l’extérieur et à l’intérieur. Comme nous ne voulions pas faire de compromis sur le résultat final, nous avons accepté certains délais, ce que nous faisons très rarement, pour être certain que le produit soit au niveau que l’on souhaite », explique le directeur délégué à la compétitivité Thierry Bolloré. Pour être au niveau de qualité perçue fixé (mesuré par des indices comparés à la concurrence projetée), le constructeur s’est fait aider par Daimler, à qui il a soumis le véhicule lors de quatre visites, dont l’une pour l’organisation d’un essai dynamique. Résultat du retour des équipes de Daimler : pas loin de 100 points d’amélioration, qui se sont traduits en plan d’action. « Cela a constitué une forme de montée en puissance de nos équipes coachées par nos amis de Daimler, cela a été très positif », souligne M. Bolloré.

Avec le nouvel Espace, Renault a fait le choix de renouveler le genre en gardant les basiques : confort, convivialité, modularité, espace, tout en changeant le style. Cela donne une silhouette de véhicule métis, nouveau code dominant du marché automobile. « Nous avons voulu nous positionner où il n’y a personne, et il n’y a pas de crossover dans cette taille », note Thierry Bolloré.

L’Espace sera également la vitrine technologique de Renault. Cela se voit notamment avec un dispositif baptisé Multi-Sense, qui coordonne les technologies visant le plaisir de conduire : système 4Control (les quatre roues directrices actuellement uniquement proposées sur la Lagune coupé), l’amortissement piloté, la direction, le moteur et la boîte EDC, les instruments de bord, la sonorité moteur et l’ambiance lumineuse. Tous ces éléments peuvent être paramétrés depuis la console centrale dans quatre modes préprogrammés, Eco, Confort, Neutre et Sport, auquel s’ajoute un mode Perso librement paramétrable.

« Le châssis est d’une très grand efficacité. Nous avons essayé le véhicule sur le circuit de Groix et l’expérience de passage en courbe est étonnante. On voit bien qu’il y a un savoir-faire phénoménal dans cette voiture », explique le dirigeant. Avec 250 kg de moins, l’allègement du véhicule, qui permet une amélioration de la consommation de 20 %, améliore également son agilité. Ce gain de poids s’est fait à la fois sur la carrosserie, la plateforme, la chaîne cinématique et les équipements, dont les sièges.

La clé de la montée en gamme de l’Espace est la nouvelle plateforme CMF CD, dont le potentiel est de 3 millions de véhicules, alors que la plateforme précédente avait un potentiel de 200 000 voitures, ce qui donne une échelle de coût sans commune mesure. « Cela aide à trouver un compromis et un équilibre », confirme M. Bolloré.

Les trois lancements récents des Clio, Captur et Twingo ont montré que l’image de marque du constructeur s’améliorait. « Cela ne se voit pas, mais nos valeurs résiduelles remontent très vite et très fort. La valeur résiduelle est une anticipation à 3 ans de ce que va être la valeur de vos produits. C’est un pari et la confiance qui nous est témoigné. C'est le meilleur indicateur de l’image de marque », explique de son côté Jérôme Stoll, directeur délégué à la performance. Cette valeur résiduelle a progressé en moyenne de 8 à 10 points si l’on compare les données d’aujourd’hui de la Clio par rapport à la précédente (soit 2012) ou du Captur par rapport à la moyenne de la marque. (AUTOACTU.COM 8/10/14)

Alexandra Frutos