Renault présente le Kadjar, grand frère du Captur

Le 2 février, lors d’une présentation presse internationale à la Cité du cinéma de Saint-Denis, Renault a dévoilé la silhouette du Kadjar, un véhicule métis destiné en particulier aux marchés européens et chinois. Le modèle partage environ 40 % de ses composants avec son cousin de chez Nissan, le Qashqai, à l'origine de l'explosion de ce segment en Europe ces dernières années. Renault a souligné que le Kadjar serait disponible en deux et quatre roues motrices, ainsi qu’en version intermédiaire « Extended grip », et que ses dimensions seraient légèrement supérieures à celles du Qashqai. Le prix n'a pas été communiqué.

« Notre gamme s'enrichit d'une pièce maîtresse », a déclaré le président de Renault Carlos Ghosn, assurant que « ce produit [allait permettre au groupe] de poursuivre [son] développement sur un marché en pleine expansion ». D’après le cabinet PwC Autofacts, « alors que la production de berlines représentait 78 % de la production européenne en 2000, celle-ci a décru à 60 % en 2014 ». Grands vainqueurs, les véhicules métis (CUV) ont vu leur part passer dans le même temps de 0 % à 12 %. « La part représentée par les CUV en 2020 dans la production européenne devrait se situer à 16 %, contre 57,% pour les berlines », estime PwC.

Aujourd'hui, les véhicules métis « représentent pratiquement un véhicule (vendu) sur cinq dans le monde, mais lorsque l'on regarde les cibles géographiques sur lesquelles on veut vendre ce véhicule, notamment l'Europe ou la Chine, en Europe on est déjà plus dans un ratio de un pour quatre, et en Chine à entre un pour quatre et un pour trois », a de son côté expliqué Jérôme Stoll, directeur commercial de Renault.

Le Kadjar sera produit dans l'usine de Palencia en Espagne, et à partir de 2016 en Chine à Wuhan, où Renault construit une usine en coentreprise avec le groupe Dongfeng. Avec ce modèle, Renault complète sa gamme de véhicules métis, où l'on trouve déjà le petit Captur, le Koleos de taille moyenne et la cinquième génération de l'Espace, bientôt commercialisée, qui a quitté le segment des monospaces en perte de vitesse.

Le Koleos, qui a sept ans, sera remplacé, a ajouté M. Stoll, assurant que le Kadjar, un véhicule à cinq places, ne sonnait pas le glas du monospace moyen Scénic, qui aura lui aussi un successeur.

Renault n’a pas donné d’objectif chiffré pour le Kadjar. « L’essentiel est la capacité à monter en puissance rapidement en fonction du succès du véhicule, comme on l’a fait avec Captur », a déclaré Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité. En 2014, le Captur a représenté 200 000 unités et le Kadjar devrait se situer sur un niveau comparable hors Chine.

Nouveau dans la gamme, le Kadjar est « une opportunité extraordinaire de fidéliser nos clients qui ne trouvaient pas dans la gamme Renault de crossover du segment C, une opportunité de reconquête pour ceux qui nous avaient quitté parce que nous n'avions pas cette offre et c’est aussi un véhicule de conquête. Si cela fonctionne comme pour Captur, ce sera la poursuite de Renault is Back », a enfin souligné M. Stoll. (AFP 2/2/15, AUTOACTU.COM, ECHOS, FIGARO 3/2/15)

Alexandra Frutos