Renault et PSA préparent pour 2016 un projet pilote de communication entre véhicules

Renault et PSA Peugeot Citroën viennent de terminer le test score@f (projet financé à 50-50 entre le privé - Renault, PSA, Hitachi, Cofiroute, etc. - et le public - BPIFrance, la région Ile-de-France et le département des Yvelines), qui prépare le déploiement des systèmes de transport intelligents coopératifs. La prochaine étape, prévue pour 2016, est la validation des technologies à travers un projet pilote faisant intervenir 2 000 véhicules en conditions réelles.

La communication des véhicules entre eux et avec l’infrastructure routière est une étape majeure à franchir pour réduire encore le nombre d’accidents mais aussi la pollution. « Aux Etats-Unis, un test en conditions réelles avec 3 000 véhicules a été lancé l’année dernière dans le Michigan. Si le test est concluant, l’administration pourrait décider d’un déploiement obligatoire des systèmes de communication sur tous les nouveaux véhicules à l’horizon 2018 », explique Gérard Ségarra, pilote innovation ITS chez Renault.

En Europe, tous les constructeurs travaillent sur le sujet. Réunis au sein du Car2car Communication Consortium, ils ont validé un standard de communication commun, un peu différent de celui des Etats-Unis, et ont commencé à valider des technologies dans le cadre de « field operational test » (FOT), six au total dont les résultats sont combinés et validés au sein de Drive C2X, un test central financé par l’Europe et piloté par Daimler, qui prendra fin mi-2014.

« Les allemands, y compris Ford et Opel, ont deux ans d’avance sur le sujet. Ils ont commencé des tests dès 2008 et y consacrent un budget 10 fois supérieur aux 6 millions d’euros investis dans le projet score@f », souligne M. Ségarra. Ce FOT français a pris fin le 30 septembre et doit maintenant déboucher sur un projet pilote en condition réelle. « Il fera intervenir 2 000 véhicules (Renault et PSA) équipés d’un système wifi amélioré, qui seront utilisés en conditions réelles sur un territoire donné où l’infrastructure routière sera elle aussi communicante », détaille-t-il. Ce projet pilote ne sera pas mis en oeuvre avant 2016, le temps de monter le dossier, pour un financement européen, et de valider l’ensemble des technologies embarquées et en bord de route. Un test de communication véhicule-infrastructure sur un corridor routier réunissant Pays-Bas, Allemagne et Autriche, démarrera en revanche dès 2015.

L’installation en série d’une technologie wifi embarquée permettant aux véhicules de communiquer entre eux ou avec l’infrastructure, à une distance maximale d’un kilomètre, devrait coûter « une trentaine d’euros, en plus du système télématique existant », estime M. Ségarra. Dans un premier temps, ce système de communication permettra à l’infrastructure de donner des informations sur la circulation, sur des sujets pratiques ou touristiques. A terme, il pourrait agir directement sur le véhicule pour éviter un accident ou lisser la vitesse en ville pour s’adapter au rythme des feux ou dans les embouteillages pour un confort de conduite et une moindre pollution. Un véhicule pourra alerter les autres d’un accident puis, à l’avenir, « avec la précision de localisation promise par Galileo, le système pourra gérer les intervalles entre véhicules équipés, sans avoir à recourir aux caméras et aux radars embarqués », prévoit M. Ségarra. (AUTOACTU.COM 21/11/13)

Alexandra Frutos