Renault et PSA estiment que le nouveau « superbonus » peut faire doubler la part de marché des V.E.

Renault et PSA Peugeot Citroën estiment que le nouveau « superbonus » prévu par l'Etat pour les acheteurs de véhicules électriques neufs pourrait faire doubler leur part de marché, encore confidentielle. Au lendemain de l'entrée en vigueur d'une aide pouvant aller jusqu'à 10 000 euros pour l'achat d'un véhicule propre et la mise à la casse d'un modèle diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001, le directeur du programme véhicules électriques de Renault, Eric Feunteun, a déclaré que cette mesure allait « être clairement un accélérateur » pour les ventes de ce segment. « La cible, c'est un doublement [du marché] d'ici à la fin de l'année », a-t-il affirmé, ajoutant que cette nouvelle incitation allait permettre, pour certains usagers « qui roulent un petit peu moins », d'obtenir des véhicules « moins chers qu'un véhicule diesel » pour une utilisation quotidienne.

Xavier Duchemin, directeur de Peugeot France, s'attend lui aussi à voir cette mesure faire « doubler le marché français du véhicule électrique » dès cette année. « Nous savons qu'il y a deux millions de véhicules diesel de plus de 14 ans en France. Donc c'est un réservoir particulièrement important sur cette mesure », a-t-il déclaré.

Les deux responsables s'exprimaient en marge d'une cérémonie organisée le 2 avril au ministère de l'Ecologie, en présence de la ministre Ségolène Royal, pour marquer les premiers achats de voitures électriques depuis la mise en place du nouveau dispositif.

Renault et PSA ont lancé des offres commerciales agressives pour attirer les clients en capitalisant sur la nouvelle aide gouvernementale : 99 euros par mois pour une location de longue durée (LLD) de Renault Zoé et la même mensualité pour une Peugeot iOn, avec un vélo électrique offert aux 150 premiers acheteurs. Chez Citroën, la C-Zéro, est proposée à partir de 89 euros par mois. A l'achat, hors aides gouvernementales, la Zoé s'affiche à partir de 21 900 euros et les iOn et C-Zéro à 26 900 euros.

En 2014, 10 540 voitures électriques neuves ont été vendues en France (+ 20 %), représentant 0,59 % du marché. Alors que Mme Royal a souhaité jeudi que « les Français se dépêchent pour saisir cette opportunité » du superbonus, mis en place « pour l'instant pour l'année » en cours, la secrétaire générale de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France), Marie Castelli, a estimé que ce superbonus allait « confirmer la progression » des ventes. Mais pour elle, « l'effet levier ne va pas être si important que ça, parce que le type de personnes qui possèdent un véhicule diesel de plus de 14 ans correspond plutôt à des ménages défavorisés qui ne vont pas penser à la voiture électrique et se sentir éligibles ». (AFP 2/4/15)

Alexandra Frutos