Renault et Nissan accélèrent leur mutualisation

D'ici à 2020, plus de 75 % des véhicules produits par Renault et Nissan utiliseront une des trois familles d'architectures communes (CMF) conçues par l'Alliance, avec à la clé des économies attendues de 30 % à 40 % sur l’ingénierie et les processus et de 20 % à 30 % sur le coût des pièces.

Après les pièces et les plateformes communes, l’Alliance Renault-Nissan aborde une nouvelle étape dans son processus de standardisation des parties invisibles (« underbody ») de ses véhicules. Cette démarche baptisée CMF (Common Module Family) consiste à créer des architectures communes pour les véhicules d’une même famille (segment C à D, par exemple). Pour ce faire, cinq grandes zones d’architecture (ou « big modules »), ont été définies : compartiment moteur, habitacle, sous-caisse avant, sous-caisse arrière et circuit électrique/électronique. Et dans chacune d’elle, différents profils ont été créés. « L’idéal serait de n’avoir qu’un seul habitacle standard pour une même famille mais, pour élargir le nombre de silhouettes possibles, nous aurons jusqu’à trois profils différents dans certains big modules, notamment pour la sous-caisse arrière», indique Marc Geissmann, directeur adjoint stratégie plateforme du groupe Renault. Pour créer ces modules communs, Renault et Nissan se sont mis d’accord en amont sur des fourchettes de cotes : angle et position des moteurs, couple, taille de pneus, largeur du véhicule, poids, etc. « C’est près de 900 différences entre Renault et Nissan qu’il a fallu gommer pour parvenir à nos fins », explique-t-il.

La première CMF concernera des compactes et des familiales (segment C et D) ; elle sera inaugurée par Nissan fin 2013 avec ses nouveaux Rogue, Qashqai et X-Trail. Les premiers véhicules Renault (Espace, Grand Scénic et Laguna) seront commercialisés fin 2014, puis huit autres modèles du groupe Renault sortiront ultérieurement avec cette première CMF. Au total, les 14 véhicules représenteront un volume de 1,6 million d’unités par an dans le monde.

Entre 2015 et 2016, deux autres familles de CMF seront déployées pour couvrir les segments A, puis les segments B0 et B. « En 2020, ce sont au moins 75 % des véhicules de l’Alliance du segment A au segment D qui utiliseront une CMF », estime Jean-Michel Billig, directeur des ingénieries et de la qualité du groupe Renault.

Le partenariat avec Daimler, qui prévoit une plateforme commune pour Smart et Twingo en 2014, n’est pas dans la boucle, « parce que nos relations sont trop récentes et pas assez matures pour aller aussi loin dans la mise en commun », explique M. Billig. « Toutefois, maintenant que la définition des modules est faite, rien n’empêche Daimler de nous rejoindre à l’avenir », ajoute-t-il.

Renault va pouvoir maintenir son budget en recherche et développement « a minima constant » au cours des cinq prochaines années grâce aux économies faites en partageant des composants avec son allié Nissan, souligne par ailleurs M. Billig.

M. Billig n'a pas souhaité chiffrer précisément les économies que va réaliser le constructeur français grâce à ce programme. Mais, « à budget constant, on absorbe l'ensemble des surcoûts liés aux aspects réglementaires, environnementaux, sécuritaires et nouvelles fonctions », en sachant que les seuls surcoûts liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle norme d'émissions Euro-6 « coûtent des centaines de millions d'euros », a-t-il indiqué. (COMMUNIQUE DE PRESSE, RENAULT, AFP 19/6/13, AUTOACTU.COM, ECHOS, FIGARO 20/6/13)

Alexandra Frutos