Renault est prêt à produire la Fluence électrique en Chine

Renault construit actuellement sa première usine en Chine, où il fabriquera pour commencer, à partir de 2016-2017, des véhicules métis. Mais le groupe n'entend pas en rester là, Pékin venant d'élaborer un vaste plan de soutien à la filière électrique locale. « Nous avons dans notre projet d'assembler Fluence en Chine, nous l'avons annoncé aux autorités chinoises et nous leur avons dit que nous sommes prêts à lancer d'autres véhicules électriques si nécessaire », a déclaré le 15 septembre Carlos Ghosn, président de Renault et de Nissan, en marge des essais presse de la nouvelle Twingo. « Aujourd'hui, nous n'avons pas encore l'autorisation officielle », a-t-il précisé, se disant toutefois confiant d'obtenir ce feu vert rapidement au vu de l'intérêt manifesté la veille au Technocentre par le vice-Premier ministre chinois, Ma Kai, pour la gamme électrique de Renault.

M. Ghosn estime qu'une fois l'autorisation pour la Fluence obtenue, la production de la voiture électrique en Chine pourrait commencer également vers 2016-2017. « Je ne veux pas louper le train du véhicule électrique en Chine. Le pays, très probablement, deviendra le premier marché des véhicules électriques assez vite », a-t-il ajouté. Une telle opportunité pourrait donner un coup d'accélérateur à des ventes qui ont jusqu'ici peiné à décoller. Carlos Ghosn a ainsi dû retarder de quatre à cinq ans son objectif de 1,5 million de ventes de véhicules électriques cumulées pour l'alliance à l'horizon 2016. Renault-Nissan a commercialisé depuis le début du programme, fin 2010, 176 000 véhicules électriques. La Fluence électrique serait commercialisée sous une marque chinoise qui n'a pas été précisée, condition fixée par Pékin pour pouvoir bénéficier des aides publiques.

En plein débat sur les approvisionnements de l'alliance en batteries, Carlos Ghosn a par ailleurs déclaré que le choix du fournisseur - Nissan-NEC, LG Chem ou un autre - n'était pas encore arrêté. « Mais tout est possible, c'est une question de rapidité, de compétitivité », a-t-il déclaré, ajoutant que, pour être performantes, les batteries devraient aussi être fabriquées en Chine. Le marché chinois constituerait une opportunité bienvenue pour la Fluence électrique, dont la production pour l'Europe, depuis la Turquie, a été arrêtée dans le sillage de la faillite de la société Better Place, pour laquelle le modèle avait été développé. Autre renaissance possible, Thierry Bolloré, directeur délégué du groupe à la compétitivité, a indiqué que la Chine s'intéressait de très près au système de batteries interchangeables qui était au c’ur de l'expérience avec Better Place. « Le dispositif Quick & Drop qu'on a essayé avec Better Place, il vaut pour des flottes parce que le coût de l'installation est extrêmement élevé », a-t-il indiqué. « Cette technologie est disponible et nos partenaires chinois ont trouvé cela extrêmement intéressant », a-t-il ajouté. (REUTERS 15/9/14, ECHOS, FIGARO 16/9/14)

Alexandra Frutos