Renault est « en ligne » pour atteindre les objectifs de l'accord de compétitivité

Renault estime « être en ligne pour atteindre ses engagements » dans le cadre de l'accord de compétitivité signé il y a un an, dont l'objectif est le maintien des usines françaises à l'horizon 2016 face à un marché en berne, en échange d'efforts des salariés, a indiqué la direction le 3 avril. « Un an après, le bilan est positif », a déclaré lors d'une conférence de presse Marie-Françoise Damesin, directrice des ressources humaines du groupe. D’après elle, « des gains de compétitivité ont d'ores-et-déjà été acquis et des garanties d'activité ont pu être données, notamment avec la décision de Nissan de produire 132 000 Micra à Flins (Yvelines) à partir de 2016 ».

Par ailleurs, la production de 65 000 boîtes de vitesses J, fabriquées au Portugal, a été confiée à l'usine de Cléon (Seine-Maritime). Renault a aussi investi 10 millions d'euros pour augmenter la capacité de production de l'usine de Batilly (Meurthe-et-Moselle) et 30 millions d'euros à la Fonderie de Bretagne pour en pérenniser l'activité, a ajouté Mme Damesin.

D’après Jean Agulhon, directeur des ressources humaines pour la France, le retour à un temps de travail de 35 heures - soit une augmentation moyenne de 6 % sans contrepartie salariale en raison du gel des salaires en 2013 - a d'ores-et-déjà permis des gains de productivité. Mme Damesin a ajouté que, pour la première fois en France, le coût moyen du travail avait baissé de plus de 4 % en 2013. En 2014, les salaires connaîtront une augmentation de 1 %, a précisé M. Agulhon, mais la prime d'intéressement a doublé par rapport à 2013.

L'accord de compétitivité, conclu le 13 mars 2013, doit permettre 500 millions d'économies par an jusqu'en 2016, en échange principalement d'une augmentation du temps de travail de 6,5 %, d'un gel des salaires en 2013 et d'une refonte des comptes épargne temps. D'ici à 2016, 7 500 suppressions nettes d'emplois, suivies par 760 embauches sont prévues, sans plan social ni campagne de départs volontaires. Renault s'est engagé en échange à ne fermer aucune de ses cinq usines dans l'Hexagone jusqu'à cette date et à leur assurer une activité minimum de 710 000 véhicules par an, contre 530 000 en 2012, rappelle l’AFP (3/4/14). (ECHOS, FIGARO, L’OPINION 4/4/14)

Alexandra Frutos