Renault dispose toujours d’une marge pour améliorer son positionnement prix en Europe

Dans un entretien accordé à L’ARGUS (27/3/14), le directeur commercial monde de Renault Jérôme Stoll explique qu’en Europe, le chiffre d’affaire par voiture est plus important que dans les autres régions. « Cela tient notamment au fait que l’après-vente génère davantage d’activité car le parc à entretenir est plus important. En masse, l’Europe est la région la plus profitable mais pas en pourcentage. En marge opérationnelle, la zone la plus profitable est l’Asie », ajoute-t-il.

M. Stoll indique qu’avec l’arrivée en Inde d’un petit véhicule citadin sur le segment A, le poids de la gamme Entry, qui représente déjà 41 % de l’activité du groupe, va encore croître. « Le modèle sera d’abord distribué en Inde. Peut-être en Amérique latine, où il serait alors construit au Brésil. Enfin, nous regardons dans les zones où cela peut faire sens de le commercialiser. Il pourrait rayonner, à partir de l’Inde, vers l’Asean », souligne-t-il. « Cibler l’Europe n’est pas une priorité du programme A0 », ajoute-t-il.

M. Stoll estime par ailleurs que Renault dispose toujours d’une marge pour améliorer son positionnement prix en Europe. « La première étape a consisté à comparer nos modèles à ceux de la concurrence afin de les vendre au minimum au même niveau que le panier moyen. La seconde étape consistera à vendre des modèles mieux équipés et plus chers », explique-t-il.

Concernant la Chine, où Renault disposera d’une capacité de production de 150 000 unités à l’horizon 2016, M. Stoll indique que l’objectif de part de marché est le même que dans le reste du monde, à savoir 3 %. « Sur un marché chinois de 20 millions de véhicules, cela fait 600 000 unités. Et sur les 25 millions prévus à l’horizon 2020, c’est 750 000. Notre montée en puissance se fera progressivement, en discutant avec notre partenaire Dongfeng », indique M. Stoll.

« Pour 2017, nous nous sommes engagés sur deux chiffres : 50 milliards de chiffre d’affaires et 5 % de marge opérationnelle. Ceci correspond à environ 3,3 millions de véhicules », déclare enfin M. Stoll. « Nous ne comptons pas sur une reprise importante du marché européen, mais nous aurons fini le renouvellement de notre gamme avec l’arrivée des nouveaux crossovers et la marque Renault pourra reprendre la deuxième place en Europe. Sur les régions Euromed et Amériques, la croissance prévue est de l’ordre de 20 %. Sur la région Asie-Pacifique, avec la consolidation en Inde et notre arrivée en Chine, nous construisons une stratégie pour doubler les volumes. Les ventes hors d’Europe représenteront alors 60 % de notre volume », prévoit le dirigeant.

Alexandra Frutos