Renault dévoile un prototype consommant 1 l/100 km

Lors du Mondial de l’Automobile, Renault dévoilera au grand public Eolab, un prototype qui concentre une batterie d’innovations et de technologies permettant d’atteindre une consommation de 1l/100 km et de limiter les émissions de CO2 du véhicule à 22 g/km. Pour parvenir à ces résultats, le constructeur a travaillé en collaboration avec plusieurs équipementiers (Faurecia, Saint-Gobain, Michelin, Continental, etc.) sur trois axes : l’allègement, l’aérodynamique et l’hybridation.

Certaines des technologies utilisées ont été développées par ces équipementiers dans le cadre du programme « 2 l/100km » lancé par le gouvernement, d’autres sont des innovations propres à Renault. Dans tous les cas, elles ont été développées avec une contrainte économique afin de pouvoir être transposées dans les futurs véhicules de Renault. L’idée étant dès le départ de créer « un vivier pour la conception des futurs véhicules » de la marque avec en ligne de mire « des prestations et un coût de possession d’un véhicule de type Clio ».

Eolab a donc été conçu sur la base d’une berline du segment B de type Clio IV, point de référence pour évaluer notamment le gain de poids. Le travail effectué sur l’allègement se traduit ainsi par un gain de poids de 20 % par rapport à celui d’une Clio IV. Eolab ne pèse que 955 kg grâce à la création d’une caisse multi-matériaux. Pour ne pas remplacer totalement l’acier par des matériaux plus légers, parce que leur coût est élevé et qu’ils nécessitent de repenser les processus d’assemblage en usine, Renault a choisi « de ne retenir que des solutions économiques » et de « mettre le bon matériau au bon endroit ». La caisse se compose donc de pièces en acier (moins épaisses grâce à un acier TTHE à Très Très Haute Limite Elastique), en aluminium, en plastique et en magnésium (pour le toit, qui ne pèse que 4 kg). Pour les liaisons au sol, qui représentent à elles seules près de 20 % de la masse d’un véhicule, le constructeur a remplacé l’acier par de l’aluminium.

La baisse de poids a également été obtenue par une réduction de l’épaisseur des vitrages et l’utilisation de polymères pour les vitres non coulissantes (gain de 21 kg au total), un allègement des sièges, des habillages plastiques et enfin des conduits d’entrée d’air. L’allègement du véhicule a en outre conduit à la réduction de la taille (et donc du coût) des organes du prototype (moteur, batterie, roues, freins, etc.).

Une autre partie du travail a porté sur l’aérodynamique. Dans ce domaine, Eolab présente une aérodynamique améliorée de 30 % par rapport à la Clio IV, grâce à une silhouette dessinée pour bien pénétrer dans l’air et des équipements mobiles tels qu’un spoiler actif et des flaps latéraux qui se déploient comme des ailerons. Les jantes et les pneus, dont l’architecture et la bande de roulement ont été repensées pour réduire la résistance au roulement, participent également à l’amélioration de l’aérodynamique.

Le dernier pilier d’Eolab est sa chaîne de traction hybride rechargeable développée par Renault (en partenariat avec le CEA pour le pack batterie). Cette motorisation, qui équipera des véhicules Renault avant 2020, combine un moteur à essence à 3 cylindres (999 cm3) et un moteur électrique permettant de parcourir 60 km en mode tout électrique. Mais le c’ur du concept se trouve dans l’embrayage, qui abrite un moteur électrique à aimants permanents. Ce système permet de livrer plus de puissance et par conséquent de charger le véhicule d’une batterie moins lourde (et du coup moins chère).

Le prototype Eolab est par ailleurs équipé d’une boîte de vitesses à trois rapports. Le premier permet de rouler en électrique jusqu’à 60-70 km/h. Au-delà, le système passe automatiquement sur le deuxième rapport, qui permet toujours de rouler en électrique jusqu’à 120 km/h. Ensuite, le troisième rapport bascule en mode hybride avec le couplage au moteur thermique. « Les solutions adoptées sur Eolab sont beaucoup plus économiques [que les solutions proposées sur le marché] et permettent d’envisager une diffusion de l’hybride aux petites voitures sur une échelle beaucoup plus large », explique Jean-Pierre Fouquet, chef de projet Z.E. Hybrid chez Renault, cité dans un communiqué. « Notre objectif est bien de réaliser une voiture à deux moteurs au prix d’un seul moteur », ajoute-t-il.

Renault estime qu’un véhicule conçu comme Eolab pourrait devenir une voiture de grande série d’ici à 10 ans.(AUTOPLUS.FR 16/9/14, AUTOACTU.COM, ECHOS 17/9/14)

Alexandra Frutos