Renault-Nissan porte son objectif de synergies à 4,3 milliards d'euros en 2016

Renault et Nissan ont annoncé le 30 janvier vouloir renforcer leur alliance dans quatre domaines, les achats, l'ingénierie, la fabrication et la logistique. « Le projet à l'étude consisterait à identifier des domaines de convergence dans chacune des quatre fonctions et à les placer sous un management commun », ont précisé les constructeurs, qui ont mis sur pied quatre groupes de travail. Ils n’ont pas indiqué quel était le montant espéré de ces nouvelles synergies, rappelant simplement que leur président Carlos Ghosn avait « confirmé l'objectif de réaliser un minimum de 4,3 milliards d'euros de synergies à fin 2016 ».

En 2012, l'Alliance a dégagé des synergies record de 2,69 milliards d'euros et elle s'était fixée en octobre 2012 pour but d'arriver à 4 milliards en 2016. « Sur l’année 2013, nous espérons délivrer 2,8 milliards d’euros de synergies. Et si l’on continuait à suivre notre rythme actuel, nous atteindrions de 3 à 3,2 milliards d’euros d’économies en 2016. Avec ces changements, nous visons les 4,3 milliards d’euros à l’horizon 2016. Et c’est un minimum, les potentialités sont bien plus importantes. Nous allons ainsi bénéficier pleinement de l’effet taille de Renault-Nissan », a expliqué M. Ghosn aux ECHOS (31/1/14).

Dans le détail, Renault et Nissan veulent pour les achats « plus de cohérence pour une meilleure performance dans la relation avec les fournisseurs » et « converger vers un management commun des entités achat dans les régions ». Concernant l'ingénierie, leur but consiste à « répartir les sujets d'innovation entre Renault et Nissan », « accélérer la mise en place de plateformes communes » et « définir et mettre en oeuvre une stratégie mécanique commune ». En fabrication et logistique, ils visent « l'amélioration de la performance industrielle », « l'optimisation des investissements de R&D (CAPEX) par la standardisation du processus de fabrication », « l'amélioration du taux d'utilisation des capacités déjà installées et la réduction des CAPEX » et « l'augmentation de l'efficacité logistique entre les sites et entre les régions ».

Le dernier groupe de travail portera sur la gestion des ressources humaines.

« Les conclusions de l'étude seront présentées aux instances représentatives du personnel compétentes d'ici à la fin du premier trimestre », ont indiqué les partenaires dans leur communiqué.

« Avec la multiplication actuelle des synergies et la création de ces nouvelles structures, les entités Renault et Nissan deviennent indissociables. Après, à moyen terme, nous serons amenés à envisager une gouvernance qui soit moins dépendante des hommes, afin d’enlever cette idée qui veuille que l’Alliance ne me survivra pas. Nous aurons tendance à rapprocher tout ce qui ne porte pas atteinte à l’autonomie et à la culture des marques », a par ailleurs expliqué M. Ghosn. (AFP, DOW JONES, BLOOMBERG, ECHOS 31/1/14)

Alexandra Frutos