Quelles perspectives pour le marché européen d'ici à fin 2013 ?

Au mois de septembre, le marché automobile européen s’est enfin redressé, après deux ans de chute ininterrompue. L’Acea a annoncé que 1,2 million de voitures avaient été immatriculées le mois dernier, en hausse de 5,4 %, ce qui laisse entrevoir le « bout du tunnel ».

Sur les neuf premiers mois de l’année, le marché est toujours en recul de 3,9 %, mais la chute ralentit. Si personne n’ose encore parler de reprise, tous les spécialistes du secteur remarquent une stabilisation des ventes, même si c’est à un point relativement bas, autour de 12,5 millions de voitures (à comparer avec les 16 millions de véhicules immatriculés en 2007, juste avant le déclenchement de la crise financière).

Les analystes retrouvent un certain optimisme dans leurs prévisions. LMC Automotive et PwC Autofacts tablent ainsi sur un marché européen en repli de 3 % sur l’ensemble de 2013, grâce à un meilleur quatrième trimestre. Pour 2014, le premier prévoit une croissance de 1 %, tandis que le second mise sur un rebond beaucoup plus vif de 3,5 %.

« Le Royaume-Uni est positif, l’Allemagne est relativement stable, même si elle est à la baisse de 6 % depuis le début de l’année, mais elle n’inquiète pas. Si le marché européen doit reprendre, cela viendra du sud de l’Europe. Ce sont ces marchés qui se sont effondrés depuis 2008 », analyse Gaëtan Toulemonde. L’Espagne, notamment, se remet de plusieurs années noires ; les ventes y ont progressé de 28,5 % en septembre, mais Autofacts ne prévoit que 720 000 immatriculations en 2013 et 2014, à comparer avec un marché de 1,6 million d’unités en 2007. En Italie, la reprise se fait attendre ; ce marché, qui a tutoyé historiquement les 2 millions de véhicules, devrait atteindre à peine 1,3 million d’immatriculations cette année. Enfin, la France devrait limiter sa baisse à 8 % en 2013, grâce à un meilleur quatrième trimestre. En septembre, le marché hexagonal a progressé de 3,4 %, mais cela n’augure pas pour autant d’un rebond en 2014. Même si le parc de voitures vieillit, les Français roulent moins du fait de la crise. Un renouvellement massif de véhicules n’est pas attendu avant 2015, au mieux.

Alexandra Frutos