Quel avenir pour l'industrie automobile australienne ? (1/2)

Ford a annoncé au mois de mai qu’il fermerait à la fin 2016 ses deux usines en Australie. Il mettra ainsi fin à 90 ans de présence industrielle dans ce pays, où il ne devrait plus employer que 1 500 personnes environ contre 2 700 actuellement. Produire localement n’est plus viable, a expliqué le plus petit des trois constructeurs locaux, qui a invoqué les coûts de production élevés, la vigueur de la devise australienne, un marché très fragmenté et le faible volume par modèle qui en résulte, ainsi que les pertes qu’il subit dans le pays. « Nos coûts sont le double de ceux en Europe et près de quatre fois ceux de Ford en Asie », a souligné Bob Graziano, patron de Ford Australie. Ford avait déjà annoncé des suppressions d’emplois et une réduction de sa production de véhicules en Australie en 2011 puis en 2012.

La filiale australienne de General Motors a pour sa part annoncé en avril la suppression de 500 emplois représentant 12 % de ses effectifs, puis au mois de juin l’ouverture de négociations avec les syndicats en vue d’abaisser suffisamment ses coûts de main-d’?uvre pour garantir l’avenir de ses usines. General Motors estime que du fait de la hausse de la devise australienne, produire dans ce pays est 60 % plus coûteux qu’il y a dix ans.

Toyota, qui envisageait en 2007 de se retirer du marché australien en raison de l’appréciation de la devise locale, a quant à lui supprimé 350 emplois l'an dernier dans son usine d’assemblage d’Altona.

Les trois constructeurs pâtissent depuis des années de la vigueur du dollar australien, qui favorise les importations de véhicules moins onéreux et plus sobres ? en outre aidées par des droits de douane peu élevés - et réduit les exportations. Leur production, leurs ventes et leurs exportations ont fortement baissé depuis le milieu des années 2000. Le gouvernement australien avait d’ailleurs annoncé en 2008 un plan de soutien à l’industrie automobile, doté d’un budget de 5,6 milliards de dollars jusqu’en 2020, qui mettait particulièrement l’accent sur le développement de technologies « vertes ».

Frédérique Payneau