Près d’un tiers des Français seraient prêts à acheter un véhicule polycarburant

D’après une enquête Ipsos menée pour la Collective du bioéthanol, 32 % des 2 003 personnes interrogées envisageraient l’achat d’un véhicule polycarburant (flexfuel), qui fonctionne à l’E 85 ainsi qu’à d'autres mélanges d’essence (SP 95, SP 95-E 10 et SP 98). 2 % d’entre eux auraient même « déjà décidé » que leur prochain véhicule serait un modèle polycarburant. En 2013, seuls 19 % des Français manifestaient un intérêt pour cette technologie.

Les distributeurs et les constructeurs commencent également à réinvestir dans l’E 85, dont le prix à la pompe est en moyenne inférieur de 40 centimes à celui de l’essence SP 95. Mais l’offre ne se développe que très lentement ; du côté des distributeurs, on comptait à fin août 650 stations distribuant de l’E 85 (contre 400 à fin 2013), ce qui représente seulement 7 % des stations françaises.

Du côté des constructeurs, l’offre se limite à quelques rares modèles. Elle s’est néanmoins étoffée cette année avec l’arrivée de Volkswagen, qui commercialise depuis septembre une Golf 1,4 TSi flexfuel. Mais pour le moment, c’est le Grand Cherokee de Jeep qui domine le marché des véhicules polycarburant avec 140 immatriculations depuis le début de l'année (sur 147 immatriculations VP flexfuel). Si les distributeurs et les constructeurs continuent d’investir dans l’E 85, les véhicules polycarburant pourraient peut-être revenir également dans les flottes d’entreprises car ils présentent une alternative économiquement intéressante aux modèles diesel et à essence. Ils bénéficient d'abord d'un abattement de 40 % sur les émissions de CO2 (avec un plafond de 250 g/km), ce qui leur permet de ne pas être frappés de malus. Mais surtout, les sociétés peuvent récupérer 80 % de la TVA sur le superéthanol E 85 pour un V.P. et 100 % pour un V.U.L. L'E 85, peu sensible aux variations du prix du pétrole, est enfin vendu en moyenne 0,8 euro par litre, ce qui lui permet de rester plus compétitif que l'essence malgré son plus faible rendement énergétique (la surconsommation est d'environ 20 % par rapport à l'essence). (AUTOACTU.COM 26/11/15)

Alexandra Frutos