Précisions sur les 22 « mesures fortes » annoncées par le gouvernement en matière de sécurité routière

Le gouvernement a annoncé le 2 octobre 22 « mesures fortes » et 33 mesures additionnelles pour enrayer la hausse de la mortalité sur les routes françaises. 500 nouveaux « vrais » radars seront installés d'ici à trois ans. Leur nombre passera donc de 4 200 actuellement à 4 700. Des radars multifonctions permettront de détecter, outre les excès de vitesse, des franchissements de ligne, des non respects de distance de sécurité, etc. Entre 10 000 et 12 000 radars « leurres » seront aussi installés. « Il y aura deux systèmes de leurres », a expliqué le délégué interministériel à la Sécurité routière Emmanuel Barbe. D'abord, « des radars autonomes précédés d'un panneau et quand on retire le radar, on ne retirera pas nécessairement le panneau et de temps en temps on remettra le radar ». C'est « un leurre par le panneau ». Le second dispositif, « ce sont des cabines qui ressemblent en tous points à des radars ordinaires sauf que le système de mesure qui est dans ces cabines pourra être déplacé d'une cabine à l'autre de telle sorte que quand vous verrez ces cabines, vous ne saurez pas si elles sont actives ou non ».

Un contrôle technique sera obligatoire pour les deux roues motorisés quand ils sont vendus d'occasion. Le port de gants homologués est par ailleurs rendu obligatoire. Une « progressivité » dans l'utilisation des motos les plus puissantes sera également mise en place. La possibilité de conduire une moto de forte puissance (au-delà de 56 CV) sera conditionnée à une formation de sept heures, possible seulement après deux ans de permis moto.

Le gouvernement a en outre annoncé un élargissement des possibilités de recours à l'éthylotest anti-démarrage (EAD) pour les conducteurs condamnés à plusieurs reprises pour avoir conduit sous l'emprise de l'alcool. Cette mesure, qui peut être décidée par un magistrat, est déjà possible dans 37 départements. Elle sera généralisée dans les six mois. Les tests salivaires permettant de détecter les conduites sous stupéfiants seront aussi généralisés. Il y a actuellement 130 000 contrôles de stupéfiants par an. « Ça va augmenter sensiblement », a prévenu Matignon.

Une amende de 650 euros a été créée pour les sociétés qui ne donnent pas le nom de l'employé quand une infraction de la route est commise avec le véhicule de l'entreprise.

L’utilisation de drones va être expérimentée pour détecter les « conduites à risques ». Ils ont vocation à remplacer les hélicoptères parfois déployés.

Un fichier des conducteurs étrangers qui n'ont pas payé leurs amendes va être créé, de même qu’un permis à points virtuel pour les contrevenants étrangers lors de leur passage en France, « fonctionnant comme un permis de conduire à points français ».

Enfin, le port du casque sera désormais obligatoire pour tous les cyclistes âgés de moins de douze ans. (AFP 2/10/15)

Alexandra Frutos