Pourquoi la bataille de la voiture autonome ne fait que commencer

Avec un potentiel de marché qui atteindrait les 55 milliards de dollars en 2025 d’après PriceWaterhouseCoopers, le marché de la voiture autonome semble prometteur car il s’agirait d’un quasi-quadruplement par rapport aux 14,3 milliards de dollars attendus en 2017. Au-delà de l’émergence d’un marché, François Jaumain, associé spécialiste des transports chez PwC, estime que « le véhicule autonome va bouleverser l’industrie automobile dans son business model et dans sa façon d’évaluer sa performance. Par exemple, le volume des ventes comme indicateur de performance va laisser sa place, peu à peu, aux kilomètres parcourus ». Il s’agit là d’une vision à long terme, mais l’idée émerge petit à petit.

En attendant, de manière plus terre à terre, les automobilistes sont de plus en familiers de cette notion de « conduite autonome ». Les roulages de la Google Car sont bien connus et un grand nombre de conducteurs ont accès dans leurs véhicules aux premiers systèmes d’aide à la conduite, tels l’alerte de changement de file ou les capteurs à ultrasons d’aie au stationnement. Si elles sont pertinentes, faciles à utiliser et à un prix abordable, ces fonctions sont acceptées. Une récente étude publiée par L’Argus indique que 54 % des conducteurs seraient prêts à acquérir un véhicule autonome s’il était disponible à la vente, mais près de la moitié d’entre eux ne seraient pas prêts à accepter un surcoût supérieur à 5 % de leur prix d’acquisition. Selon les automobilistes interrogés, le véhicule autonome permettrait une meilleure gestion des conditions de circulations (75 %), offrirait davantage de sécurité (65 %), permettrait de mieux gérer le budget carburant (60 %) et de limiter l’impact environnemental (59 %). Cette vision est rafraichissante, elle montre que les automobilistes trouvent dans la voiture autonome, et l’automatisation de certaines fonctions de la conduite, un objet pratique et capable de résoudre certains problèmes du quotidien. Au-delà de la demande de fonctions, exprimée de manière un peu diffuse et imprécise par les automobilistes, l’usage qu’ils en font est un élément majeur. A ce sujet, Guillaume Devauchelle, directeur de l’innovation et du développement scientifique du groupe Valeo estime que, « plus la vitesse est basse, plus l’acceptabilité de la fonction est grande. Voilà pourquoi, il est important d’éduquer le public en offrant, petit à petit, les fonctions et leur évolution ». Ainsi, les aides au stationnement constituent un bon exemple de cette démarche : l’aide a tout d’abord concerné l’entrée en créneau, ensuite en épi, ensuite la sortie du créneau. Petit à petit la fonction s’enrichit, à la fois pour répondre aux automobilistes, mais également par le biais de la réglementation. Ainsi, une caméra de recul sera obligatoire aux Etats-Unis sur tous les véhicules vendus à partir de 2018. Pour répondre à ces attentes tant réglementaires, incitatives (systèmes NCAP) ou provenant directement des automobilistes, les constructeurs doivent à la fois séduire leurs clients à court terme tout en envisageant le long terme. (AUTOSTRATINTERNATIONAL 26/10/16)

Alexandra Frutos