Pourquoi General Motors n'est pas tenté par une alliance avec FCA (1/2)

Sergio Marchionne, l’administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), évoque depuis le printemps dernier l’idée d’une fusion avec General Motors et il ne cesse de revenir à la charge bien que le premier constructeur américain ait clairement repoussé ses avances.Le patron du constructeur italo-américain appelle de ses v?ux une consolidation du secteur automobile. Il a expliqué qu’il jugeait nécessaire de réduire le nombre d’acteurs sur le marché mondial, afin de faire face aux lourds investissements requis pour répondre à la demande de véhicules plus sûrs et moins polluants.Comparé à ses rivaux mondiaux plus gros et beaucoup plus riches, FCA est en proie à des problèmes qui semblent presque insurmontables, indique Automotive News. Il se situe derrière ses concurrents en termes de marges, de dépenses de R&D, de consommation de carburant, de technologie hybride ou encore de voitures autonomes. Il est en outre le seul grand constructeur dans le monde à avoir plus de dettes que de liquidités, alors que le secteur automobile fait face à des besoins en investissements sans précédent.M. Marchionne reconnait les faiblesses de son groupe et estime qu’il peut survivre seul « médiocrement ». Il a affirmé début septembre qu’une alliance avec General Motors demeurait « une priorité élevée pour FCA », expliquant qu’il s’agirait de la meilleure option stratégique pour son groupe comme pour son rival. « General Motors demeure le partenaire idéal pour nous et nous représentons une option difficilement remplaçable pour eux », avait déclaré M. Marchionne. Le dirigeant a calculé qu'une fusion entre les deux entreprises aurait des retombées énormes en termes de gains et de synergies. Mais General Motors, qui est le troisième constructeur mondial, a-t-il besoin d’un partenaire et aurait-il à gagner d’un rapprochement avec son concurrent italo-américain ? Il pense que non et a répété à maintes reprises qu'il préférait faire cavalier seul. Le premier constructeur américain a fait clairement savoir n’était pas intéressé par une fusion avec FCA et qu’il n’en voyait pas la nécessité.Réagissant aux avances de M. Marchionne, la patronne de General Motors Mary Barra avait déclaré au mois de juin que GM maintenait sa feuille de route et que c’était dans l’intérêt de ses actionnaires. Elle avait indiqué que General Motors avait une taille suffisante et qu'il poursuivait sa fusion en interne.Au salon de Francfort, Mme Barra a expliqué que les dirigeants et le conseil d'administration de General Motors avaient examiné la question d’une alliance avec FCA de façon très approfondie et avaient conclu que ce n’était pas dans l’intérêt des actionnaires. Contrairement à son souhait, M. Marchionne n'a pas jusqu'ici réussi à convaincre Mme Barra de venir discuter avec lui de la question d'un rapprochement entre leurs deux entreprises.

Frédérique Payneau