Pour pérenniser sa mission, Mov?eo doit trouver de nouvelles sources de financements

Le pôle de compétitivité Mov?eo, qui accompagne ses membres et notamment les PME dans des projets de R&D, doit trouver de nouvelles sources de financements pour pérenniser sa mission. Avec aujourd’hui 370 membres, le pôle de compétitivité a prouvé son utilité et a été jugé « très performant » lors de son évaluation par le gouvernement. En 2014, ses membres auront réalisés pour un total de 2,7 millions d’euros de levées de fonds (sans compter celle de 70 millions d’euros de Blablacar en juillet dernier). Le taux de succès des projets qu’il a labellisés pour obtenir des financements du Fonds unique interministériels (FUI) est de 87 %. Pour autant, les ressources financières de cette association (loi 1901), dont le budget 2014 est de 2,5 millions d’euros, restent incertaines avec une tendance à la baisse des subventions.

A l’origine, les financements publics représentaient 50 % du budget de Mov?eo avec une répartition à parts égales Etat-Région, l’autre moitié étant représentée par les cotisations des membres (un quart du budget) et la valorisation du temps passé (un quart du budget). « En 2014, les financements publics ont représenté plutôt 46 % », explique Jacques Chauvet, directeur général de Mov?eo. « Notre crainte est que pour réaliser notre feuille de route nous devions augmenter les recettes privées », ajoute-t-il.

La loi de régionalisation qui doit prochainement être discutée au parlement renforce l’incertitude sur le bouclage du budget du pôle, en renvoyant cette responsabilité aux régions. « Nous devons attendre de connaître ce qui sortira des débats », souligne M. Chauvet. « Nous nous attendons à ce que l’Etat en fasse moins et passe la responsabilité aux régions et que budgétairement 1+1 ne fasse pas 2 », explique de son côté Jean-Pierre Vallaude, nouveau président de Mov?eo.

Le pôle, qui est implanté dans trois régions, dont l’Ile de France, sera notamment concerné par la fusion de deux d’entres elles, Basse et Haute Normandie. La régionalisation devrait modifier à la fois le pilotage et le financement des pôles. « Notre position est simple, nous sommes contre un changement brutal et nous demandons qu’il n’y ait pas de changements de pilotage avant les fusions des régions », indique Jacques Chauvet.

Pour boucler son budget, Mov?eo a donc mis en place un plan d’action qui vise à augmenter ses recettes avec une série d’objectifs : un plan de prospection pour accroître le nombre de ses membres, le développement de services vendus à ses membres (Mov?eo Groupement, Mov?eo Developpement), des contributions sur les projets financés qui rémunèrent le travail fait par le pôle, la recherche de financements européens et la commercialisation des événements organisés.

Jean-Pierre Vallaude, président de Mov?eo depuis le 15 septembre, compte renforcer l’implication des grands groupes et notamment celle des constructeurs. « Nous devons donner envie aux grands groupes de maintenir Mov?eo au centre de leur stratégie d’innovation. Pour cela il faut que l’on fasse avec eux un travail de fond », indique-t-il.

En novembre, Mov?eo organisera pour PSA Peugeot Citroën un Challenge Open innovation au cours duquel des PME répondront à des problématiques de recherche définies par le constructeur. Une manifestation de ce type avait déjà été organisée avec Renault l’an dernier. « Le rôle des pôles est de savoir faire travailler ensemble des grands groupes et des PME et cela marche puisque nous avons labellisé 370 projets en 6 ans », souligne M. Chauvet. (AUTOACTU.COM 26/9/14)

Alexandra Frutos