PSA a la capacité de faire face à un changement plus radical du mix diesel/essence

Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, assure que le groupe aura la capacité de faire face à un changement plus radical du mix diesel/essence même si la rentabilité reste meilleure sur le diesel.

Alors que l’affaire Volkswagen arrive dans un contexte de méfiance de plus en plus grande sur les motorisations diesel, le groupe PSA affirme être préparé à un transfert de la demande sur les véhicules essence au détriment des véhicules diesel, sa spécialité (60 % des ses ventes en Europe). "En termes de capacités, nous nous sommes préparés depuis plus de 3 ans à la croissance de la part des moteurs essence par rapport au diesel avec le lancement de nos moteurs trois cylindres Pure Tech", a expliqué Jean-Baptiste de Chatillon lors d’une conférence téléphonique à l’occasion de la présentation des résultats du troisième trimestre.

"Quand Carlos [Tavares] est arrivé en 2013, il était très clair dans son esprit que ce transfert, en raison d’une très mauvaise communication en Europe sur le Diesel pouvait s’accélérer. Nous avons très tôt pris en compte dans nos plans un transfert significatif", a ajouté M. de Chatillon.

Malgré cette anticipation, le transfert en France où le diesel est passé de 73 % du marché en 2012 à 58,2 % sur les 9 premiers mois de 2015 "est bien plus important que ce que nous avions prévu", a-t-il précisé. "Il est trop tôt pour dire si cela se poursuivra ou si c’est une réaction à la sur communication sur le sujet."

"C’est un vent contraire en termes de marge que nous devrons compenser progressivement avec notre politique de prix", a en outre expliqué le directeur financier de PSA. "La différence de marge varie beaucoup entre les différents modèles mais elle s’est beaucoup resserrée à cause du coût de la technologie SCR implantée sur nos moteurs diesel et le repositionnement prix de nos moteurs essence". "Nous ne sommes plus du tout autant dépendant de ce taux de ventes de diesel parce que notre politique de tarification nous aide à estomper progressivement cette différence de marge", a indiqué M. de Chatillon.

Interrogé sur les conséquences de la suppression du différentiel de taxe à la pompe entre l’essence et le diesel en France, Jean-Baptiste de Chatillon n’anticipe pas de bouleversements majeurs. "Nous sommes confiants parce que l’avantage du diesel est intrinsèque au diesel. Le diesel n’a pas besoin d’avantage fiscal pour être plus performant en CO2 parce que son contenu énergétique est plus élevé. Même si le transfert en France poussé par une communication contre le diesel est plus rapide que dans les autres pays, cela restera un net avantage pour nos clients d’utiliser un véhicule diesel. La plus faible taxation à la pompe est un très faible levier". "Un changement de fiscalité pour les entreprises serait plus préoccupant", a-t-il souligné. (AUTOACTU.COM 27/10/15)

Juliette Rodrigues