PSA Peugeot Citroën nomme six directeurs de région

Annoncée par Carlos Tavares lors de la présentation de son plan « Back in the race » au mois d’avril, la nouvelle organisation de PSA Peugeot Citroën repose désormais sur un découpage en 6 régions.

Les dirigeants des six régions qui auront le titre de directeur opérationnel viennent d’être officialisés pour une mise en place effective le 1er septembre. La caractéristique de cette nouvelle organisation est de rendre les dirigeants des régions « responsables du résultat économique et du management des ressources du groupe dans la région, incluant les activités industrielles et commerciales », précise le constructeur dans un communiqué.

Grégoire Olivier aura la responsabilité de la Chine et de l’Asie du Sud-est, Carlos Gomez de l’Amérique Latine et Christophe Bergerand de l'Eurasie (principalement Russie et Ukraine). Sur ces régions, les enjeux sont très différents avec pour la Chine et l’Asie des investissements qui seront décidés en concertation étroite avec Dongfeng et autofinancés par les coentreprises de PSA. L’enjeu principal est la croissance des volumes avec un objectif de 1 million de véhicules supplémentaires entre 2013 et 2020 (hors Fengshen, marque propre de Dongfeng) en Chine et le développent de l’export dans la région.

Dans les deux autres régions, le défi consiste à fortement réduire les pertes. En Russie, l’objectif d’économie est de 400 euros/véhicule sur les volumes de 2016, ce qui doit passer par une réduction de la gamme (de 26 à 17 modèles), une intégration locale renforcée (de 30 % en 2013 à 50 % en 2018) et une réduction des frais généraux (- 18 % entre 2013 et 2016).

En Amérique Latine, les économies attendues sont de 450 euros/véhicule en 2016 par rapport à 2013 avec là encore une réduction du nombre de modèles (de 29 à 17 modèles), une meilleure intégration locale (en hausse de 22 points) et une réduction des coûts fixes (- 14 % entre 2013 et 2016).

Trois nouvelles directions de région ont par ailleurs été créées : Europe, Moyen Orient-Afrique et Inde-Pacifique. L’Europe a été confiée à Denis Martin, précédemment directeur industriel et de la supply chain du group ; il sera notamment chargé de la mise à niveau de l’outil industriel du groupe en Europe, qui doit améliorer son taux d’utilisation et renforcer sa compétitivité (un plan de 1,5 milliard d’euros est prévu sur 3 ans pour améliorer la rentabilité des sites français).

Le Moyen Orient-Afrique a été confié à Jean-Christophe Quémard, précédemment directeur des programmes de PSA et notamment en charge des coopérations ; il aura la responsabilité de l’une des zones dont le potentiel de croissance est le plus élevé (PSA y vise une croissance de 66 % entre 2013 et 2018) et où le développement se fait dans le cadre de partenariats. Cette région compte notamment l’Iran, où PSA se dit « prêt à redémarrer » dès la levée des sanctions, ainsi que des marchés historiques pour le groupe comme l’Algérie ou le Nigéria (meilleur espoir actuel pour l’industrie automobile sur le continent).

Enfin, l’Asie-Pacifique, devenue Inde-Pacifique, a été confiée à Emmanuel Delay, qui a fait une bonne partie de sa carrière chez Nissan (entre 2002 et 2011), dont il a notamment été directeur financier en Europe (2010 à 2011) avant de prendre le poste de directeur financier de Philips International (depuis 2012). Sur cette zone, qui représente actuellement le plus faible volume de ces six régions, l’enjeu sera de mettre sur pied des projets de développement rentables, ce qui explique le choix d’un profil financier.

Ces six directeurs opérationnels de région seront membres du comité exécutif du groupe PSA et reporteront directement à Carlos Tavares. Cette organisation par régions complète les trois directions des marques dont les dirigeants ont été nommés (ou confirmés) en mai pour une prise de fonction au 1er juin avec Linda Jackson, directrice générale de Citroën, Yves Bonnefont, directeur général de DS, et Maxime Picat, directeur général de Peugeot.

Parmi les directeurs de région qui viennent d’être nommés, deux faisaient déjà partie du comité exécutif en tant de directeur métier. Ainsi, Patrice Lucas succède à Jean-Christophe Quémard, dont il était un collaborateur direct (au poste de directeur programme VUL). A la direction des programmes, il aura également la responsabilité de la stratégie (ex-Yves Bonnefont). L’industrie et la supply chain (ex-Denis Martin) ont été confiés à Yann Vincent, ancien cadre dirigeant du groupe Renault (1982 à 2009), dont il a notamment été directeur qualité entre 2005 et 2008 avant d’être responsable d’exploitation d’AvtoVAZ. Depuis 2009, M. Vincent travaillait chez Alstom Transport en tant que directeur de la performance industrielle.

Par ailleurs, Jean-Pierre Ploué, directeur du style du groupe PSA, sera désormais directement rattaché à Carlos Tavares (et non plus au directeur Programmes), mais ne fera pas partie du comité exécutif. (AFP 11/6/14, AUTOACTU.COM, ECHOS, FIGARO 12/6/14)

Alexandra Frutos