Nissan réaffirme son engagement dans l'électrique

Nissan a lancé hier, dans son usine de Barcelone, la production de son utilitaire électrique e-NV 200, qui constitue le second véhicule électrique de la marque après la Leaf, lancée depuis 2010. Le modèle est basé sur la plateforme de la Leaf et partage aussi sa batterie et son moteur, qui sont importés de l'usine de Sunderland. Son assemblage sur le site de Barcelone nécessitera un investissement de 100 millions d'euros.

Nissan disposera d'une capacité maximale de 20 000 véhicules par an, que le groupe espère atteindre dans trois à cinq ans. Le e-NV 200 affiche une autonomie d'environ 120 km en conditions réelles et sera proposé en France à partir de 14 900 euros après déduction du bonus gouvernemental de 6 300 euros.

Après la Leaf (110 000 ventes dans le monde), le constructeur veut s'attaquer aux professionnels. « 70 % des utilisateurs de fourgonnettes roulent moins de 100 km par jour et 35 % ne roulent jamais plus de 120 km par jour, car ils font surtout de petits trajets. Il est plus simple de maîtriser le problème de l'autonomie du véhicule », assure Julien Foucher, directeur marketing des véhicules électriques chez Nissan. Le groupe parie aussi sur les limitations de trafic dans les grandes villes, afin de lutter contre la pollution de l'air et avantager l'accès aux centres-villes aux seuls fourgons zéro émission.

Ce véhicule de niche est surtout destiné à réaffirmer l'implication de Nissan dans l'électrique. Au premier trimestre, le marché de la voiture électrique en Europe a certes doublé, à plus de 10 000 unités, après avoir progressé de 62 % en 2013. Mais le segment ne pèse que 0,6 % des ventes de voitures neuves. Surtout, il se concentre sur la Norvège, qui a représenté en début d'année jusqu'à 45 % du marché, grâce à une politique fiscale très avantageuse.

« Les concurrents sont de plus en plus nombreux sur le marché, signe de l'intérêt que suscite la technologie, mais eux sont à leur première voiture, tandis que nous lançons la seconde », a insisté hier Andy Palmer, vice-président de Nissan. (ECHOS 6/5/14)

Juliette Rodrigues