Nissan mise sur des véhicules "locaux" pour lancer une nouvelle offensive au Brésil

Carlos Ghosn, président de Nissan, a annoncé en janvier la construction d'une usine de moteurs dans le complexe industriel de Resende, en fin d'installation, à 142 km à l'ouest de Rio de Janeiro. "C'est la première fois que je visite l'usine qui fabriquera les modèles Nissan March et Versa. L'inauguration aura lieu au premier semestre 2014", a déclaré M. Ghosn.

L'usine de moteurs, dans laquelle seront investis 60 millions de dollars, sur les 1,5 milliard de dollars consacrés à l'ensemble du complexe de Resende, produira chaque année 200 000 moteurs de quatre cylindres 1.6 Flexfuel (fonctionnant à l'essence et à l'éthanol). Quelque 200 emplois directs seront ainsi créés. "Le Brésil est un marché stratégique et c'est pourquoi nous allons y construire une usine de moteurs", a souligné M. Ghosn.

Actuellement, le complexe de Resende emploie 1 500 personnes et en comptera plus de 2 000 au second semestre de 2014, avec pour objectif de produire 200 000 véhicules par an. "Nissan vise à passer d'un peu plus de 2 % du marché automobile brésilien en 2013 à 5 % en 2016", a indiqué M. Ghosn. Dans un premier temps, Renault-Nissan visait une part de marché de 10 % au Brésil, identique à celle qu'il occupe sur le marché mondial. Aujourd'hui, Renault-Nissan représente 9 % du marché brésilien (dont 7 % pour Renault). Le Brésil est le deuxième marché le plus important pour Renault dans le monde. "Notre objectif est désormais de conquérir 15 % du marché brésilien, et le Brésil devrait ainsi devenir le quatrième ou cinquième marché de Nissan", a annoncé M. Ghosn. Nissan fabrique déjà les modèles Frontier et Livina dans l'usine de Renault à São José dos Pinhais, près de Curitiba, et la collaboration Nissan/Renault va se poursuivre.

"Nissan a décidé de fabriquer maintenant des voitures moins chères et en plus grand volume", a expliqué M. Ghosn, précisant que les 200 000 March et Versa visent d'abord le marché brésilien et celui du Mercosur. L'offensive de Nissan sur le marché brésilien était initialement axée sur l'importation de voitures produites au Mexique. "C'était une position provisoire parce qu'il nous fallait une production locale. Nous parions sur le Brésil. Nous tenons compte du fait que le marché brésilien va continuer à croître au cours des 20 prochaines années, avec des périodes d'accélération et de ralentissement comme en 2013, mais le développement du Brésil va se poursuivre et le marché automobile est loin d'être saturé ici", estime le président de Nissan.

Selon lui, le Mexique a aidé au lancement de la marque au Brésil : parmi les 80 000 voitures Nissan (Frontier et Livina) vendues en 2013, 50 000 venaient du Mexique.

M. Ghosn explique par ailleurs que le constructeur n'a pour l'instant aucun projet de vendre des voitures électriques au Brésil car "ce n'est pas une priorité du gouvernement".

Juliette Rodrigues