Nissan et l’Etat français signent un accord de stabilisation concernant Renault

Après huit mois de crise, Nissan et le gouvernement français sont parvenus à un compromis encadrant l'influence de l'Etat au sein de Renault. Cet « accord de stabilisation entre les deux plus importants actionnaires de l'entreprise française maintient les droits de vote double de l'Etat, pomme de discorde, mais établit un contrat prévoyant qu'ils ne seront employés que dans des cas exceptionnels », a indiqué le 11 décembre le président de Renault et de Nissan Carlos Ghosn.

Lors d'une conférence de presse téléphonique, le dirigeant a notamment évoqué les dossiers « relatifs à des fusions, des cessions importantes ou de manière générale des choses qui remettent en cause la présence de Renault en France ». Dans les autres cas sera mis en place un plafonnement des droits de vote de l'Etat à 17,9 %, portés jusqu'à 20 % en cas de quorum inhabituellement élevé à l'assemblée générale des actionnaires. Cet accord « mûrement réfléchi » doit encore être finalisé sur certains volets techniques, mais « il n'y a pas de débat sur le fait qu'il y a une volonté ferme de mettre tout cela derrière nous et d'aller de l'avant », a martelé M. Ghosn, qui a aussi assuré que l'Alliance Renault-Nissan sortait « renforcée de ce débat, et assainie ».

L’accord a été conclu lors d'une réunion des administrateurs de Renault organisée vendredi dernier. Le constructeur au losange a salué dans la foulée un « accord solide qui pérennise l'Alliance » industrielle franco-japonaise formée en 1999. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et son collègue des Finances Michel Sapin se sont félicité du « consensus obtenu autour de l'entrée en vigueur des droits de vote double », dans un communiqué conjoint. « L'Etat a accepté de plafonner ses droits de vote sur une liste limitative de résolutions en assemblée générale qui correspondent à des enjeux de gestion ordinaire de la société, tout en conservant l'intégralité de ses droits de vote et sa minorité de blocage effective sur les enjeux stratégiques », ont-ils souligné. L'accord inclut la « non-activation des droits de vote de Nissan dans Renault ». Il prévoit en outre « un contrat entre Renault et Nissan ayant pour objet la non-interférence de Renault dans la gouvernance de Nissan ».

Le directeur de la compétitivité de Nissan, Hiroto Saikawa, a souligné qu'en cas de violation de ce dernier point, « Nissan aurait le droit d'augmenter sa part » dans Renault. Et « si Nissan détient plus de 25 %, Renault n'aura plus de droit de vote (chez Nissan), donc il y aura un effet dissuasif », a-t-il détaillé depuis le siège de Nissan à Yokohama. (AFP 11/12/15)

Alexandra Frutos